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SyrieL'armée prête à se battre «des années» selon Damas

Damas a affirmé mardi sa détermination à combattre les rebelles «pendant des années» si nécessaire après bientôt deux ans de conflit.

Habitations en fumée après les bombardements de l'armée syrienne.

Habitations en fumée après les bombardements de l'armée syrienne.

Reuters

Pendant ce temps, de grandes puissances travaillent à une liste de responsables syriens «acceptables» pour une négociation avec l'opposition.

«L'armée syrienne a à sa disposition des hommes et des armes qui suffiraient à faire la guerre pendant des années pour défendre la Syrie» contre les insurgés, a affirmé le journal Al-Watan, proche du pouvoir.

Le quotidien a cependant appelé «les citoyens, chacun selon ses capacités, à défendre leurs quartiers et leurs régions comme cela s'est passé à Alep, à Hama et à Homs où les citoyens, hommes et femmes, ont pris les armes et formé des Comités de défense».

Le conflit qui déchire la Syrie depuis bientôt deux ans a fait 70'000 morts, un million de réfugiés et des millions de déplacés selon l'ONU, et aucune issue ne semble en vue pour arrêter le bain de sang en raison des divisions de la communauté internationale.

Selon l'accord de Genève

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a indiqué que les Français et les Américains, qui réclament un départ du président Bachar al-Assad, travaillaient avec les Russes, alliés de Damas, à établir «une liste de responsables syriens qui serait acceptable» pour une négociation avec la Coalition de l'opposition.

Le chef de la Coalition, Ahmed Moaz al-Khatib, s'est dit prêt récemment à discuter avec des représentants du régime n'ayant «pas de sang sur les mains».

«Nous avons discuté de cela avec les Russes, les Américains... il y a des échanges qui ont lieu en ce moment pour trouver une solution politique dans la ligne de l'accord de Genève» sur la transition politique, conclu en juin 2012 principalement entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU.

Interprétations différentes

Après la réunion de Genève, les participants avaient toutefois divergé sur l'interprétation de l'accord, les Etats-Unis et la France estimant qu'il ouvrait la voie à l'ère «post-Bachar al-Assad», tandis que la Russie et la Chine réaffirmaient qu'il revenait aux Syriens de déterminer leur avenir.

Laurent Fabius a aussi rappelé que Paris et Londres plaidaient pour un «embargo allégé» sur les armes à l'opposition, mais qu'ils n'avaient pas été suivis par leurs partenaires européens.

Aux Etats-Unis, le directeur du renseignement national américain a estimé que Damas pourrait recourir aux armes chimiques, y compris contre son peuple, si les armes conventionnelles ne suffisaient pas à le maintenir au pouvoir.

Le président israélien Shimon Peres a de son côté souhaité qu'une force de la Ligue arabe intervienne en Syrie pour «mettre fin au massacre» et éviter que ce pays s'effondre.

Cameron envisage la fourniture d'armes

Le Premier ministre britannique David Cameron a confirmé mardi que son pays pourrait se désolidariser de l'embargo de l'UE en cours, en fournissant des armes à l'opposition syrienne afin de contribuer au départ du président Bachar al-Assad.

A l'occasion d'une audition devant une commission parlementaire à Londres, le chef du gouvernement britannique a déclaré qu'il préférerait agir solidairement dans le cadre d'une «approche européenne», en matière de levée de l'embargo sur les armes à l'opposition.

Bombardements à Homs

Sur le terrain, la ville de Homs (centre), contrôlée en majorité par l'armée, était le théâtre de bombardements et de violents combats, après un assaut dimanche des rebelles sur le quartier de Baba Amr, un an après sa reprise par l'armée.

Des combats ont par ailleurs eu lieu sur la route de l'aéroport international de Damas, proche d'une zone bordant la capitale où les rebelles sont implantés, selon cette ONG qui s'appuie sur un vaste réseau de militants et de sources médicales.

Alors que les violences ont fait mardi 77 morts, selon un bilan provisoire de l'OSDH, l'Unicef a lancé un cri d'alarme avertissant que, faute de soutien financier de la communauté internationale pour leur venir en aide, plus de deux millions d'enfants syriens étaient en passe de devenir une «génération perdue».

(ats/afp)

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