30.03.2019 à 22:27

AlgérieL'armée réitère son appel contre Bouteflika

Le chef de l'armée Gaïd Salah met en garde l'Algérie contre des solutions allant à l'encontre de la Constitution.

Le président Bouteflika a perdu le soutien de l'armée.

Le président Bouteflika a perdu le soutien de l'armée.

Keystone

La récente proposition de l'armée algérienne d'écarter le président Abdelaziz Bouteflika est la seule qui puisse faire sortir l'Algérie de la crise actuelle, a répété samedi le chef d'état-major. Il a mis en garde contre des solutions anticonstitutionnelles.

Mardi, le général Ahmed Gaïd Salah a proposé que M. Bouteflika, affaibli par la maladie et contesté par la rue, soit déclaré inapte à exercer le pouvoir ou qu'il démissionne. Il a prôné le lancement de la procédure prévue par l'article 102 de la Constitution, applicable lorsque le président «pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l'impossibilité totale d'exercer ses fonctions».

Samedi, il «a insisté sur le fait que cette proposition, qui s'inscrit exclusivement dans le cadre constitutionnel, constitue l'unique garantie à même de préserver une situation politique stable, afin de prémunir notre pays de toute situation malencontreuse», selon un communiqué du ministère de la Défense.

«Soutien du peuple»

«La position» de l'armée sur la mise en oeuvre de cet article «demeure immuable», a assuré le général Gaïd Salah, ancien soutien indéfectible du chef de l'Etat et dont la proposition a été largement perçue comme un lâchage de M. Bouteflika.

Il a ensuite dénoncé la préparation d'une «campagne médiatique virulente» contre l'armée visant à faire croire, selon lui, «que le peuple algérien rejette l'application de l'article 102 de la Constitution».

Des «parties malintentionnées» préparent «un plan visant à porter atteinte à la crédibilité» de l'armée, a-t-il déclaré, assurant qu'il s'agissait là d'une «ligne rouge». Selon lui, «la majorité du peuple algérien, à travers les marches pacifiques, a accueilli favorablement la proposition» de l'armée.

Présidentielle rapide

Vendredi, des millions d'Algériens sont descendus dans la rue pour la sixième semaine consécutive, une mobilisation qui n'a pas faibli. De nombreux observateurs l'ont perçue un rejet de la proposition de l'armée.

M. Bouteflika est toujours au pouvoir, mais apparaît très isolé depuis que l'essentiel de ses fidèles s'est rallié à la proposition de l'armée.

Plusieurs figures de la contestation s'opposent à la mise en oeuvre de l'article 102 qui prévoit l'organisation rapide d'une présidentielle - ce qui ne permet pas, selon eux, de garantir un scrutin libre et équitable -, et réclament un processus de transition.

(ats)

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