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SuisseL'armée risque d'avoir trop d'argent à dépenser

Des politiciens s'interrogent sur la capacité de l'armée à gérer ses fonds. Un doute qui survient alors qu'un nouveau report d'équipement de transmission est évoqué.

par
Pascal Schmuck
Zurich
L'infanterie devra encore attendre deux ans au moins avant de toucher du nouveau matériel de transmission.

L'infanterie devra encore attendre deux ans au moins avant de toucher du nouveau matériel de transmission.

Keystone

Rebelote pour l'armée suisse qui peine à trouver du matériel à acheter. Après le fiasco du système de conduite et d'information des Forces terrestres FIS FT, dont Guy Parmelin a décidé l'abandon au début de l'année, il était question d'acquérir un équipement qui devait être à l'abri des écoutes et capable de résister à des cyber-attaques.

Mais Armasuisse a tiré la prise voici quelques semaines, retardant tout le projet d'au moins deux ans. Les deux fournisseurs en compétition pour équiper l'armée suisse en ont été avertis, a révélé la NZZ am Sonntag.

Armasuisse s'est refusé à tout commentaire, se disant incapable de donner des informations sur des projets individuels. Une porte-parole a indiqué que le Conseil fédéral en sera informé durant le premier trimestre 2018. Un cadre du Département fédéral de la défense de la protection de la population et des sports (DDPS) a expliqué au Tages-Anzeiger que cette décision était motivée par l'attente de grosses innovations techniques. Et qu'il était inutile de s'équiper d'un matériel qui pouvait rapidement devenir obsolète.

Des politiciens irrités

Ce report fait en sorte que l'armée se trouve avec un excédent de près de 300 millions de francs à dépenser en équipement en 2018. Une attitude qui irrite les parlementaires chargés de la politique de sécurité, même dans les partis bourgeois. «Je regrette énormément ce retard», a indiqué le conseiller national Jakob Büchler (PDC/SG).

Il rappelle que le montant des investissements excédentaires ne cesse de croître. Et qu'il sera toujours plus compliqué à justifier. «On risque d'avoir un mini-programme d'équipement en 2018», a-t-il ajouté, précisant qu'il comptait demander des éclaircissements lors de la séance du lundi à la commission de la politique de sécurité.

Armasuisse sur le grill

Le conseiller aux Etat Joachim Eder (PLR/ZG) s'est directement adressé à Guy Parmelin. «Ces perpétuels reports d'équipement me donnent des maux de ventre», a-t-il déclaré, déplorant particulièrement de la raison du DDPS qui veut attendre du meilleur matériel, forcément plus onéreux.

Il rappelle que plus personne n'achète de produit fini mais plutôt des systèmes qui peuvent être mis à jour et continuellement développés par leur fabricant.«Ce n'est visiblement pas l'avis du DDPS. Je me demande si la philosophie d'acquisition est encore d'actualité.»

Un avis partagé par le conseiller national Thomas Hurter (UDC/SH). Il s'interroge sur la capacité d'Armasuisse à faire évoluer sa politique d'équipement car son approche actuelle n'est plus possible, compte tenu de la complexité croissante des systèmes actuels. «Il faut une réorientation d'urgence. Le Conseil fédéral doit se saisir de ce sujet.»

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