Guerre en Syrie: L'armée se rapproche de Deir Ezzor

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Guerre en SyrieL'armée se rapproche de Deir Ezzor

Depuis deux ans, l'EI assiège l'enclave gouvernementale de la ville, chef-lieu de la dernière province de Syrie encore aux mains des djihadistes.

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Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad. (Dimanche 8 juillet 2018)

Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad. (Dimanche 8 juillet 2018)

Keystone
L'EI annonce la mort d'un fils de son chef en Syrie. (Mardi 3 juillet 2018)

L'EI annonce la mort d'un fils de son chef en Syrie. (Mardi 3 juillet 2018)

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Plus d'un quart de million de Syriens ont déjà fui l'offensive du régime sur les régions rebelles du sud de la Syrie, selon l'ONU. (Lundi 2 juillet 2018)

Plus d'un quart de million de Syriens ont déjà fui l'offensive du régime sur les régions rebelles du sud de la Syrie, selon l'ONU. (Lundi 2 juillet 2018)

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La perte de la ville de Deir Ezzor et de sa province riche en pétrole et frontalière de l'Irak sonnerait le glas de la présence de l'EI en Syrie, trois ans après sa montée en puissance fulgurante dans ce pays. L'organisation extrémiste a déjà perdu plus de la moitié de son bastion de Raqa, plus au nord, attaqué par des forces arabo-kurdes.

Sous une chaleur accablante, les troupes gouvernementales appuyées par l'aviation russe avancent depuis des semaines en direction de la ville de Deir Ezzor. L'armée progresse rapidement pour empêcher toute velléité de la part des Forces démocratiques syriennes, la coalition arabo-kurde appuyée par les Etats-Unis qui combat l'EI à Raqa, d'intervenir dans ce secteur.

Selon la télévision syrienne, l'armée se trouvait lundi après-midi à trois kilomètres de la ville. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), elle a atteint la périphérie ouest de la base de la brigade 137, encerclée par l'EI.

Avancée rapide

«La ligne de front de Daech (acronyme en arabe de l'EI) dans l'ouest de la province s'est effondrée à plusieurs endroits, permettant à l'armée d'avancer rapidement et de parvenir à dix kilomètres des forces assiégées», a indiqué à l'AFP une source militaire.

«Le siège des troupes gouvernementales sera brisé dans les prochaines heures», a-t-elle ajouté.

Selon l'OSDH, les troupes gouvernementales se trouvaient sur un autre front à douze kilomètres de l'aéroport. Ils ont rouvert la route Deir Ezzor-Palmyre-Damas, fermée depuis trois ans.

Pour sa part, le ministère russe de la Défense a également fait état de l'avancée des troupes syriennes avec l'aide des forces aériennes russes. «La déroute de l'EI dans la zone de Deir Ezzor et la chute (de l'EI) dans la ville sera une défaite stratégique pour le groupe international terroriste en Syrie», affirme le communiqué.

Partie gouvernementale assiégée

A l'été 2014, l'EI s'est emparé de la plus grande partie de la province de Deir Ezzor, notamment des champs pétroliers, puis de la majorité de la ville, en chassant ses anciens alliés rebelles et djihadistes d'Al-Qaïda. Le siège de la partie gouvernementale de la ville s'est encore resserré au début de l'année quand l'EI a réussi à couper le secteur en deux, séparant l'aéroport militaire au sud de la partie nord.

Selon le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane, les forces gouvernementales se trouvent à moins de 20 kilomètres de l'aéroport militaire de Deir Ezzor.

Crise humanitaire

Environ 100'000 personnes vivent dans le secteur gouvernemental, contre 300'000 avant la crise en 2011. Selon l'OSDH, environ 10'000 civils se trouvent dans les quartiers tenus par l'EI mais il est difficile d'avoir un chiffre précis, alors que d'autres sources font état de 50'000 personnes.

Le siège a provoqué une crise humanitaire dans la ville, avec une pénurie alimentaire et de médicaments provoquant une hausse des prix. Le gouvernement et l'ONU ont largué des produits de première nécessité par hélicoptère mais la situation demeure très difficile pour les habitants.

Les conditions de vie sont aussi très pénibles pour les civils vivant dans les quartiers tenus par l'EI. Des informations font également état de pénuries en tout genre.

(ats)

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