Syrie: L'armée syrienne prête à se déployer à Afrine
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SyrieL'armée syrienne prête à se déployer à Afrine

Les forces kurdes et le gouvernement syrien ont conclu une alliance militaire pour faire face à l'offensive turque dans la région d'Afrine.

Depuis le 20 janvier, la Turquie mène une offensive militaire contre l'enclave kurde d'Afrine. (Dimanche 18 février 2018)

Depuis le 20 janvier, la Turquie mène une offensive militaire contre l'enclave kurde d'Afrine. (Dimanche 18 février 2018)

Archives, AFP

Le gouvernement syrien et les milices kurdes (YPG) ont conclu un accord prévoyant le déploiement d'unités de l'armée syrienne dans la région d'Afrine pour faire face à l'offensive turque. Celles-ci devraient se déployer sur des positions frontalières dans les deux jours, a déclaré dimanche à Reuters un haut responsable kurde.

Selon Badran Jia Kurd, conseiller de l'administration mise en place par les Kurdes dans le nord de la Syrie, cet accord avec Damas est purement militaire et ne porte pas sur le statut politique des régions contrôlées par les Kurdes dans le nord de la Syrie.

Le responsable kurde a également déclaré que l'accord conclu avec Damas pourrait très bien être remis en cause avant d'être mis en oeuvre. «Nous ne savons pas combien de temps dureront ces arrangements, car certaines parties ne sont pas satisfaites et veulent l'échec de cet accord», a-t-il dit.

Damas a une relation complexe et ambiguë avec les Kurdes de Syrie. Les deux camps ont pratiquement évité tout affrontement direct depuis le début de la guerre civile en 2011 et ont même laissé entendre qu'ils pourraient un jour conclure un accord de long terme, mais peuvent aussi afficher leurs désaccords sur leurs relations futures. Le président Bachar al Assad affirme vouloir reprendre le contrôle de l'ensemble de la Syrie.

Positions militaires turques visées

Ce week-end, une alliance de combattants kurdes et arabes a affirmé avoir visé depuis le nord de la Syrie des positions militaires en Turquie, en représailles à l'offensive menée depuis près d'un mois par Ankara contre une enclave kurde.

C'est la première fois que les Forces démocratiques syriennes (FDS) revendiquent une attaque contre les forces turques de l'autre côté de la frontière. Ankara n'a pas réagi officiellement à l'incident.

La Turquie a déclenché le 20 janvier une offensive contre la région d'Afrine, dans le nord-est de la Syrie, pour y chasser la milice des Unités de protection du peuple (YPG). Cette branche principale des FDS est qualifiée de «terroriste» par la Turquie, mais alliée des Etats-Unis dans la lutte contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI).

L'opération, baptisée «Rameau d'Olivier», est également menée par des groupes rebelles syriens alliés d'Ankara.

Attentat à la voiture piégée

«Nos forces ont mené une opération ciblée contre un centre où se rassemblent des soldats turcs» et des groupes syriens alliés dans le district de Kirikhan, dans la province turque de Hatay, dans le sud de la Turquie, ont indiqué les FDS dans un communiqué. Celles-ci font état de victimes sans préciser le nombre.

Selon les médias turcs, deux soldats et cinq combattants syriens ont été blessés par un tir de mortier visant un poste de police dans le district de Kirikhan.

A Kamichli, ville du nord-est de la Syrie contrôlée en partie par les YPG, cinq personnes ont été tuées dimanche dans un attentat à la voiture piégée, rapporte Sana, l'agence de presse officielle syrienne. L'explosion a fait également sept blessés.

Au sud-ouest d'Afrine, à Jandairis, deux membres étrangers des YPG ont eux été tués le 10 février dans des affrontements avec les forces turques, a annoncé dimanche la milice kurde. Il s'agit d'un Français et d'un Espagnol. Tous deux avaient rejoint les YPG en juillet 2017 pour lutter contre l'EI.

Un Néerlandais, membre également des YPG, a également trouvé la mort le 12 février dans des combats avec des djihadistes de l'EI, dans la province de Deir Ezzor (est).

Utilisation d'armes chimiques rejetée

Les affrontements se poursuivent sur plusieurs axes à la périphérie de la région d'Afrine, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Quelque 95 civils de l'enclave kurde sont morts depuis le début de l'opération, alors que la Turquie nie avoir pris pour cible des civils depuis le lancement de son offensive.

Ankara réfute également l'usage d'armes chimiques. Les YPG et l'OSDH accusent l'armée turque d'avoir lancé vendredi une attaque au gaz au cours de laquelle six civils ont été intoxiqués dans la région d'Afrine.

Assaut en vue sur la Ghouta

Ailleurs dans le pays, l'armée syrienne a renforcé dimanche sa présence aux alentours de la Ghouta orientale, se préparant pour lancer un assaut majeur sur cette enclave rebelle aux portes de Damas, selon l'OSDH.

Les habitants de Damas se préparent, de leur côté, à d'éventuels tirs de riposte dans le cas d'une offensive d'envergure du régime sur l'enclave rebelle, a indiqué le correspondant de l'AFP dans la capitale syrienne.

Dimanche soir, les forces du régime ont tiré plus de 260 roquettes et l'aviation a mené des raids intensifs sur plusieurs localités de la Ghouta orientale. Au moins quatorze civils, dont quatre enfants, ont été tués dans les bombardements et des dizaines blessés, selon l'OSDH.

(ats)

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