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Accords fiscauxL'ASIN fait son autocritique

L'ASIN se remet en question après l'échec des référendums contre les accords fiscaux et de son initiative populaire «Accords internationaux: la parole au peuple!» en juin dernier.

Le président de l'ASIN Pirmin Schwander se dit prêt à démissionner pour permettre au mouvement de se renouveler.

Le président de l'ASIN Pirmin Schwander se dit prêt à démissionner pour permettre au mouvement de se renouveler.

Keystone

«Des adaptations sont nécessaires» après une année 2012 difficile, reconnaît le conseiller national Pirmin Schwander (UDC/ SZ), président de l'Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN), interviewé dans la NZZ am Sonntag. Selon lui, l'ASIN a commencé en 2006 déjà à vouloir repenser son rôle.

Il s'agit désormais de faire avancer cette réflexion. Et Pirmin Schwander de préciser: «Rien n'est tabou lorsqu'il s'agit de réorienter le mouvement».

Le président de l'ASIN remet ainsi son poste «à disposition». Il estime qu'»un changement de direction nécessite de nouvelles têtes.» Selon lui, son éventuel retrait sera discuté lors de la prochaine assemblée générale, qui aura lieu le 27 avril 2013.

Echec de l'élargissement

Pirmin Schwander admet sa responsabilité dans le fait que l'ASIN n'est pas parvenue à élargir sa base au-delà de l'UDC. «Nous n'avons pas réussi à attirer des politiciens d'autres partis». Selon lui, l'image qu'ont les autres partis de l'ASIN est une des causes de cet échec. L'ASIN n'arrive pas non plus à expliquer sa position par rapport aux bilatérales.

«La voie bilatérale mène à une impasse, mais nous n'arrivons pas à expliquer clairement aux autres politiciens quelle est notre alternative à une entrée dans l'Union européenne», explique Pirmin Schwander dans le journal dominical. C'est pourquoi des solutions concrètes doivent être maintenant proposées pour trouver comment remplacer les bilatérales.

Pas assez de signatures

L'ASIN, avec entre autres les jeunes UDC et la jeunesse socialiste, a lancé des référendums contre les accords fiscaux avec l'Allemagne, la Grande-Bretagne et l'Autriche. Le délai pour les déposer a échu la semaine dernière.

Mais les opposants aux accords fiscaux n'ont pas réussi à rassembler à temps le nombre de signatures nécessaires. L'ASIN envisage d'aller devant le Tribunal fédéral, car certaines communes n'ont pas envoyé assez rapidement les signatures.

Parmi elles se trouve Genève, dont la Chancellerie a finalement admis vendredi avoir oublié de poster en courrier prioritaire le paquet contenant environ 1500 signatures contre l'accord fiscal avec l'Allemagne.

Pour la Chancellerie fédérale, ces paraphes ne sont pas valables car le délai référendaire a été dépassé. D'après sa porte-parole, il arrive souvent que lors de référendums ou d'initiatives, des signatures arrivent trop tard. Elles sont alors comptabilisées comme non valables.

Soutien populaire aux accords

Pour le secrétaire d'Etat aux questions financières internationales Michael Ambühl, l'échec des référendums montre que l'opposition aux accords n'est pas si grande que ça. Une votation populaire aurait clairement montré que les citoyens soutiennent les accords, a-t-il déclaré dans une interview parue samedi dans les colonnes de l'hebdomadaire alémanique Finanz und Wirtschaft.

(ats)

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