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Immobilier«L'ASLOCA réfléchit à une initiative»

Carlo Sommaruga, secrétaire de l'ASLOCA romande, répond à la peur des locataires de faire valoir leurs droits.

Lise Bailat
par
Lise Bailat
Le secrétaire général de l'ASLOCA romande, Carlo Sommaruga, veut que le droit protège des hausses abusives de loyer.

Le secrétaire général de l'ASLOCA romande, Carlo Sommaruga, veut que le droit protège des hausses abusives de loyer.

Sabine Papilloud

– Beaucoup de locataires disent en avoir marre de devoir se battre. Les baisses de loyer automatiques sont rares. La situation est-elle grave?

Nous avons un droit fédéral qui n'oblige pas le propriétaire à baisser les loyers. La responsabilité est individuelle. Il faut que le locataire agisse. Aujourd'hui, je crois que le locataire est informé de ses droits. Mais la question est: pourquoi ne le demande-t-il pas? Je pense tout d'abord qu'en Suisse les gens sont peu revendicateurs. Ensuite, une partie des locataires estiment faussement que leur loyer est déjà correct et, enfin, d'autres ont peur. Mais ils ont tort d'avoir peur! Paradoxalement, le fait de demander une baisse de loyer protège.

– Vraiment? Qui râle risque de se faire mal voir et d'être le premier mis à la rue, non?

C'est là où la loi déploie son effet protecteur. En effet, à partir du moment où le locataire peut attester de sa démarche, l'éventuel congé est annulable pendant trois ans! Ce qui me fait dire que le locataire doit faire la démarche. Mais il doit procéder par courrier recommandé et non de vive voix, par simple courrier ou téléphone. C'est indispensable de disposer d'une preuve de la demande.

– Des témoignages nous indiquent des pressions et des chantages en cours de bail, lorsqu'une baisse de loyer est demandée…

Je ne crois pas que les régies tiennent des fichiers de mauvais locataires et qu'elles se les échangent. Je n'ai pas d'élément qui puisse attester d'une telle pratique systématique. Cela peut arriver qu'une régie ponctuellement donne des indications personnelles de ce genre. Si une régie apprend que son locataire revendicatif veut quitter un logement, elle ne va pas en informer la régie concurrente. Je n'y crois pas.

– L'action de l'ASLOCA paraît timide, presque naïve, dans le contexte actuel. Vous songez à vous muscler?

Nous menons deux démarches au niveau suisse actuellement. Nous nous battons pour des mesures d'accompagnement sur le marché du logement, en ce qui concerne la libre circulation des personnes. Le droit doit être plus efficace au moment de la signature du bail, afin que les hausses abusives soient impossibles. Et les congés pour relouer plus cher doivent être interdits. Deuxièmement, nous réfléchissons au lancement d'une initiative fédérale. Aujourd'hui, la majorité politique est acquise aux bailleurs. Soit la situation évolue, soit l'ASLOCA passera à un autre moyen d'action.

– Une initiative populaire? Pour demander quoi?

On y réfléchit. Le principe sera débattu aujourd'hui à Berne. C'est une option qui s'impose de plus en plus. Mais, sur le contenu, je ne peux vous en dire plus pour le moment. Par ailleurs, des sections cantonales vont mener des campagnes de sensibilisation des locataires dans les médias pour demander des baisses. Mais il faut que les locataires assument leur responsabilité qui est individuelle mais aussi collective.

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