Fusillade de Munich: L'auteur de la fusillade était un forcené solitaire
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Fusillade de MunichL'auteur de la fusillade était un forcené solitaire

La fusillade ayant ensanglanté Munich vendredi a été perpétrée par un jeune forcené souffrant de problèmes psychiatriques.

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La justice allemande a condamné à sept ans de prison ferme l'homme qui avait fourni un pistolet semi-automatique au jeune déséquilibré. (Vendredi 19 janvier 2018)

La justice allemande a condamné à sept ans de prison ferme l'homme qui avait fourni un pistolet semi-automatique au jeune déséquilibré. (Vendredi 19 janvier 2018)

Keystone
L'Allemagne s'est recueillie dimanche à Munich derrière Angela Merkel et le président Joachim Gauck à la mémoire des 9 personnes tuées il y a une semaine par un jeune forcené. (Dimanche 31 juillet 2016)

L'Allemagne s'est recueillie dimanche à Munich derrière Angela Merkel et le président Joachim Gauck à la mémoire des 9 personnes tuées il y a une semaine par un jeune forcené. (Dimanche 31 juillet 2016)

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L'Allemagne s'est recueillie dimanche à Munich derrière Angela Merkel et le président Joachim Gauck à la mémoire des 9 personnes tuées il y a une semaine par un jeune forcené.  (Dimanche 31 juillet 2016)

L'Allemagne s'est recueillie dimanche à Munich derrière Angela Merkel et le président Joachim Gauck à la mémoire des 9 personnes tuées il y a une semaine par un jeune forcené. (Dimanche 31 juillet 2016)

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Un jeune homme serviable et sans histoires, réservé et fan de jeux vidéo de guerre : pour ses voisins, encore sous le choc, rien ne pouvait laisser présager l'acte fou du tireur qui a assassiné neuf personnes à Munich.

David Ali Sonboly, un jeune Germano-Iranien de 18 ans vivait avec sa famille dans un immeuble de logements sociaux moderne et discret, au coeur d'un quartier (Maxvorstadt) plutôt aisé de la capitale bavaroise, non loin du centre.

A l'entrée du bâtiment, coincé entre une concession de voitures de luxe Mazerati et une boutique de robes de mariée, au 69 de la Dachauer Strasse, Delfye Dalbi cherche en vain le moindre indice d'une faille chez son jeune voisin.

«Je ne l'ai jamais vu en colère, je n'ai jamais entendu de problème avec la police ou avec les voisins», raconte cette mère de famille d'origine macédonienne qui habite au premier étage de la résidence.

Gentil et serviable

L'auteur de la tuerie vivait avec ses parents et son jeune frère dans un trois-pièces du cinquième étage et avait fréquenté l'école du quartier, précise-t-elle.

«Il était très gentil, serviable. Il riait comme toute personne normale (...) Quelque chose s'est passé dans sa tête», ne peut-elle que lâcher.

Les deux parents sont iraniens, selon le voisinage, le père chauffeur de taxi, la mère ancienne employée de la chaîne de grands magasins Karstadt. Tous deux arrivés à la fin des années 1990 comme demandeurs d'asile.

«Je suis vraiment désolée pour la famille, même pour ce garçon (...) Les gens disent que c'est parce qu'il est musulman, ça n'a rien à voir», insiste Delfye Dalbi. Selon le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière, le jeune homme s'était même converti à la religion chrétienne, d'où son prénom David.

Pour Sedik Ali, un Afghan de 29 ans, le tueur, plutôt grand et costaud, laissera surtout le souvenir d'un jeune homme seul, à l'écart des autres. «C'est étrange, mais il ne parlait jamais avec nous», note ce voisin.

Problèmes psychiatriques

L'auteur de la tuerie souffrait en fait d'une «forme de dépression», a annoncé samedi le procureur de Munich. Il a décrit l'acte classique d'un «forcené» emporté dans une crise de folie meurtrière, sans lien avec le groupe Etat islamique (EI).

Dans une vidéo amateur filmée lors de la fusillade, il s'écrie en réponse à un riverain qui le traite de métèque: «Je suis Allemand, je suis né ici» puis, comme en forme excuse, «J'étais en traitement hospitalier».

Il aurait fait l'objet de »harcèlement« de la part d'autres »jeunes de son âge«, a souligné M. de Maizière.

Selon une source policière citée par l'agence DPA, il était fan de jeux vidéos de guerre et, plus symptômatique, un admirateur d'un jeune Allemand de 17 ans qui avait perpétré un massacre dans son école près de Stuttgart en 2009.

Beaucoup se souviennent l'avoir vu distribuer des journaux gratuits, qu'il transportait derrière lui dans un charriot.

Pas un ado comme les autres

Mais pour Stephan, le serveur du Treemans, un café branché installé au rez-de-chaussée de l'immeuble, «tout dans son langage corporel était synonyme de +je ne veux pas vous parler+».

«Il n'était pas comme les jeunes de son âge, branchés, foufous, avec des coupes de cheveux à la mode. Il avait l'air plus calme. C'était un garçon timide», dit-il. Comme la plupart des résidents de l'immeuble, d'origine étrangère, le jeune homme passait devant le café sans s'arrêter.

(AFP)

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