Crise migratoire: L'Autriche va construire une clôture à la frontière slovène
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Crise migratoireL'Autriche va construire une clôture à la frontière slovène

Le gouvernement autrichien a décidé d'ériger un grillage simple sur 3,7 km: une première dans l'espace Schengen.

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Le camp d'Idomeni a été évacué. Plusieurs milliers de personnes ont été déplacées vers des centres d'accueils, notamment à Thessalonique. (26 mai 2016)

Le camp d'Idomeni a été évacué. Plusieurs milliers de personnes ont été déplacées vers des centres d'accueils, notamment à Thessalonique. (26 mai 2016)

Marko Djurica, Reuters
A Idomeni, des heurts ont éclaté entre migrants et policiers macédoniens. Ces derniers ont utilisé des gaz lacrymogènes. (Dimanche 10 avril)

A Idomeni, des heurts ont éclaté entre migrants et policiers macédoniens. Ces derniers ont utilisé des gaz lacrymogènes. (Dimanche 10 avril)

Stoyan Nenov, Reuters
Peu après 5 heures, un petit ferry, Lesvos, et un catamaran plus imposant, Nezli Jale, ont embarqué un total de 131 personnes (Lundi 4 avril 2016).

Peu après 5 heures, un petit ferry, Lesvos, et un catamaran plus imposant, Nezli Jale, ont embarqué un total de 131 personnes (Lundi 4 avril 2016).

Keystone

L'Autriche a annoncé à son tour vendredi la construction d'une clôture sur une section de sa frontière avec la Slovénie. C'est une première au sein de l'espace Schengen de plus en plus déstabilisé par la crise des migrants.

Constituée d'un grillage simple de 2,2 m de haut, cette clôture courra sur un total de 3,7 km de part et d'autre du poste-frontière de Spielfeld (sud), par où transite la quasi-totalité du flux de migrants. L'Autriche mène même des préparatifs afin d'être en mesure d'ériger dans un délai de 48h une clôture de 25 km le long de sa frontière avec la Slovénie en cas de nécessité.

«Il s'agit de garantir un passage organisé à ce poste et pas d'une fermeture de la frontière», a souligné devant la presse le ministre social-démocrate Josef Ostermayer. Le gouvernement autrichien a assuré que l'Union européenne (UE) avait été informée de cette mesure et que le dispositif serait «rapidement démontable».

Vienne envisage un «couloir de sécurité» fermé sur le territoire slovène et un renforcement des patrouilles des forces de sécurité slovènes à l'extérieur de ce périmètre. Cette clôture, dont la pose doit débuter dans deux semaines, n'en constitue pas moins une première entre deux pays de l'espace Schengen de libre circulation.

«Course contre la montre»

L'UE peine toujours à trouver une réponse coordonnée à la crise migratoire alors que, selon l'ONU, plus de 800'000 migrants venus surtout d'Afrique et du Moyen-Orient ont gagné le continent par voie de mer depuis le début 2015. Jeudi, lors d'un sommet à Malte, le président du Conseil européen Donald Tusk a évoqué une «course contre la montre» pour «sauver Schengen», la tentation de se barricader gagnant un nombre croissant de pays.

Après la Hongrie, qui a totalement fermé ses frontières serbe puis croate aux migrants cet automne au moyen notamment d'une clôture barbelée, la Slovénie s'est lancée mercredi dans la pose de barbelés à sa frontière croate. Ljubljana a toutefois assuré ne pas vouloir fermer ses portes aux réfugiés.

Principale destination des migrants, l'Allemagne a pour sa part indiqué vendredi qu'elle prolongeait jusqu'à la mi-février les contrôles aux frontières instaurés en septembre, et l'Autriche a décidé de même.

Exceptions maximales pour deux ans

Le règlement Schengen prévoit des procédures d'exception permettant la mise entre parenthèses des règles de libre circulation pour une période pouvant aller jusqu'à deux ans. Jeudi, la Suède, autre destination privilégiée par les réfugiés, avait elle aussi annoncé un rétablissement de contrôles à ses frontières, au risque d'écorner son image de «superpuissance humanitaire».

Et en France, le contrôle aux frontières est rétabli depuis vendredi pour un mois, avec 30'000 policiers mobilisés pour sécuriser l'entrée sur le territoire dans le cadre de la conférence de Paris sur le climat (COP21).

Sommet avec la Turquie

Les Vingt-Huit, qui cherchent sans succès à tarir le flux de migrants avant que ceux-ci n'arrivent en Europe, ont convenu d'organiser «le plus vite possible» un sommet avec la Turquie pour convaincre ce pays de retenir un maximum de réfugiés. Mais cette initiative se heurte encore à des «problèmes de financement», a reconnu le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Vendredi, le ministre grec de la politique migratoire, Iannis Mouzalas, a affirmé que le trafic de migrants au départ de la Turquie est une opération «organisée» qui fonctionne au vu et su de tous. Il a appelé Ankara à y mettre fin.

(ats)

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