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Euro 2012L'avènement de «Super» Mario Balotelli

Souvent décrié pour ses frasques hors du terrain, l'instable mais génial attaquant de la Squadra Azzurra a répondu sur le terrain à ses nombreux détracteurs.

AFP

Quatre ans que l'Italie et le monde se demandent ce que vaut vraiment Balotelli. La réponse a éclaté comme un éclair dans le ciel de Varsovie: «Super Mario» a réussi un doublé tout en puissance qui a terrassé l'Allemagne (2-1) et envoyé les «Azzurri» en finale de l'Euro 2012.

Cesare Prandelli a eu raison d'insister. «Balo» a remboursé de sa confiance son sélectionneur, qui l'a maintenu dans l'équipe «quand tous les tifosi et les médias le voulaient sur le banc», expliquait lui-même l'entraîneur italien.

«MadMario» a ouvert le score d'une puissante tête sur une action géniale d'Antonio Cassano (20e). Il a mangé son goûter sur la tête d'Holger Badstuber et pris Manuel Neuer à contre-pied. Puis, il a fermé le match en décochant un carreau d'arbalète dans la lucarne du gardien allemand (36e), sur un lancement habile de Riccardo Montolivo.

Balotelli le taciturne avait souri d'une oreille à l'autre sur le premier but, mais sur le second, celui de la confirmation éclatante de son talent, il a retrouvé son naturel et toisé le public, le monde entier sûrement, maillot ôté, pectoraux saillants et regard dur. Avec un carton jaune à la clé.

Mais il a dû goûter cet instant de revanche sur des années de critiques depuis ses débuts en professionnel, en 2007-2008 à l'Inter Milan.

«La profonditta, la profonditta!»

Les disputes avec José Mourinho qui le trouvait ingérable? Les feux d'artifices qui faillirent mettre le feu à sa maison? Les fléchettes lancées à un stagiaire de Manchester City? Les quatre cartons rouges en deux saisons en Angleterre? Les bagarres avec ses coéquipiers? Évaporés en deux gestes magnifiques.

Et il en a réussi d'autres dans ce match, comme cette passe de 40 mètres parfaite pour son complice Cassano (34e), mais Montolivo s'est emmêlé devant le but et a empêché cette action de rejoindre la légende du match de Balotelli.

Il a écouté comme un bon élève, lui l'adolescent capricieux, les consignes de Prandelli, qui lui serinait de prendre la profondeur. «La profonditta, la profonditta!» s'égosillait l'entraîneur, qui avait sorti son N.9 en cours de match contre la Croatie car il n'obéissait pas.

Il l'avait même mis sur le banc au troisième match, contre l'Eire, et Balo, entré en jeu pour les 20 dernières minutes, avait signé en fin de partie un but d'une frappe puissante et acrobatique (2-0). Leonardo Bonucci avait même dû lui fermer la bouche avec la main pour que Super Mario n'aille pas dire de bêtises traduisibles par les spécialistes de lecture labiale.

Mancini, le mentor

Il a gagné sa place dans le onze pour le quart de finale contre l'Angleterre (0-0, 4 t.a.b. à 2), où il a réussi un bon match, mais manqué de réussite. Balotelli a aussi eu le cran de tirer et de réussir le premier tir au but.

Contre l'Allemagne, après un début de match timide, où il s'était par exemple fait dévorer par Mats Hummels sur une attaque italienne (10e), Balo s'est lâché, comme le lui demandaient ses coéquipiers et son entraîneur. Il a retrouvé son instinct de footballeur, sa plus grande qualité.

Roberto Mancini, son mentor, qui l'avait lancé à l'Inter et l'a attiré à City, peut aussi s'attribuer une part d'une mérite. Lui aussi a défendu Balotelli, même après des gestes affreux qui lui avaient valu des cartons rouges, et une non-convocation en «Nazionale» au nom du code éthique.

Fini d'être un paria, tous ses coéquipiers l'ont embrassé sur le second but, et tout le banc lors de son remplacement par Antonio Di Natale (70). Jeudi soir, Balotelli s'est même excusé pour une passe ratée à Montolivo. Il a changé, Mario...

(AFP)

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