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Votations 4 marsL'avenir des bourses d'études en jeu en Argovie

Le canton soumet au vote un projet de transformation d'une partie de ses bourses d'études en prêts. Berne et Zurich se prononcent également sur des questions de formation.

Si la révision est acceptée en Argovie, les étudiants devront prendre un tiers de l'aide financière cantonale sous forme de crédit sans intérêts.

Si la révision est acceptée en Argovie, les étudiants devront prendre un tiers de l'aide financière cantonale sous forme de crédit sans intérêts.

Keystone

Trois cantons se prononcent sur des questions de formation lors des votations du 4 mars. L'Argovie prévoit de transformer une partie de ses bourses d'études en prêts. A Berne et Zurich, des initiatives demandent que le plan d'études scolaire soit soumis au peuple.

Si la révision de la loi sur les bourses d'études est acceptée en Argovie, les étudiantes et étudiants argoviens concernés devront prendre un tiers de l'aide financière cantonale sous forme de crédit sans intérêts, les deux autres tiers restant sous forme de bourse. Cette modification controversée a motivé un référendum.

Le modèle dit de «splitting» concerne 1200 personnes en cours d'études. Au total, le canton verse chaque année 9 millions de francs pour des bourses d'un maximum de 16'000 francs par personne. Trois millions deviendraient des prêts.

Le parlement argovien à majorité bourgeoise a accepté le texte par 84 voix contre 48. L'UDC, le PLR et le PDC l'ont soutenu alors que le PS et les Verts l'ont rejeté. A la demande de sa section jeune, le PDC a toutefois décidé de recommander le «non» lors de la votation.

Travailler plutôt que s'endetter

Les partisans du texte mettent en avant la situation financière difficile du canton et la nécessité de faire des économies. Ils ajoutent que les personnes qui ont fait des études ont des salaires plus élevés.

Les adversaires du texte argumentent eux, que les personnes qui vont s'endetter sont celles dont les parents n'ont pas les moyens de les soutenir. Par ailleurs, les expériences faites dans d'autres cantons montrent que les jeunes préfèrent prendre un job d'étudiant plutôt que de s'endetter.

Surcoût pour le canton

La durée de leurs études s'en voit ainsi prolongée. Cela représenterait une hausse des coûts de 570'000 francs pour le canton. Le modèle de splitting est déjà en vigueur dans les cantons de Berne, Lucerne, Thurgovie et Uri.

L'Argovie doit réviser sa loi sur les bourses d'études dans le cadre du concordat sur les bourses qui vise à harmoniser les pratiques dans ce domaine en Suisse. Le modèle de splitting n'entre pas dans ce cadre, mais a été ajouté aux autres points voulus par le concordat, eux incontestés.

Il s'agit par exemple de l'obtention de bourse pour les détenteurs de permis B ou d'un durcissement du règlement pour les personnes changeant de voie d'études. Si la révision de la loi n'est pas acceptée, le gouvernement devra en élaborer une nouvelle mouture.

Nouvel assaut contre le Lehrplan 21

Par ailleurs, la fronde contre le plan d'étude alémanique, jusqu'ici restée sans succès dans les urnes, se poursuit dans les cantons de Berne et de Zurich. Tous deux doivent se prononcer sur des initiatives demandant que la compétence d'édicter les plans d'études de l'école obligatoire revienne au Grand Conseil ou au peuple en cas de référendum.

A Berne, l'initiative populaire «Pour un débat démocratique - Votons sur les plans d'études» n'a trouvé de soutien qu'auprès d'une minorité de l'UDC au parlement. Les ténors de tous les partis ont estimé qu'il n'était pas du ressort du législatif de débattre du contenu du plan d'études.

Les initiants estiment que pour des raisons démocratiques, la compétence d'édicter des plans d'études ne doit pas être confiée exclusivement à la Direction de l'instruction publique. Ils affirment que l'école obligatoire appartient au peuple.

Plan d'études romand pas concerné

En cas de succès, le Parlement va statuer rétrospectivement sur le «Lehrplan 21» déjà adopté. L'initiative n'a pas d'incidence sur le plan d'études romand (PER) en vigueur dans la partie francophone du canton de Berne.

A Zurich, le comité issu des milieux de droite bourgeoise et conservatrice, emmené par l'UDC, exige lui aussi davantage de droit de regard. Il s'agit notamment d'empêcher l'introduction du Lehrplan 21 lors de la prochaine rentrée scolaire. Le parlement zurichois a rejeté le texte par 113 voix contre 56. Il n'a obtenu de soutien que de l'UDC et de l'UDF.

Echecs dans les urnes

Des initiatives similaires ont déjà été rejetées à Schaffhouse, en Thurgovie et à Bâle-Campagne. A Lucerne, le texte avait été déclaré partiellement irrecevable et par la suite retiré par les initiants.

Des initiatives refusant plus frontalement le Lehrplan 21 ont échoué dans les cantons de Soleure et d'Argovie. A Schwyz, la démarche a été jugée non valable. Une décision confirmée par le Tribunal fédéral.

(ats)

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