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FranceL'avenir des réformes du gouvernement se joue à l'Assemblée nationale

Le premier ministre Manuel Valls tente mardi d'arracher à l'Assemblée nationale un soutien à sa politique sociale-libérale, crucial pour remettre en selle un exécutif à l'impopularité record. Sa ligne est contestée au sein même de la majorité.

Le premier ministre Manuel Valls (sur la photo entouré de certains des membres du gouvernement, lors d'un conseil des ministres) va tenter d'arracher à l'Assemblée nationale un soutien à sa politique sociale-libérale.

Le premier ministre Manuel Valls (sur la photo entouré de certains des membres du gouvernement, lors d'un conseil des ministres) va tenter d'arracher à l'Assemblée nationale un soutien à sa politique sociale-libérale.

Keystone

Le vote de «confiance» prévu ce mardi 16 septembre vise à assurer à la gauche réformiste au pouvoir, malmenée par un été politiquement désastreux et des résultats économiques calamiteux, une légitimité que lui contestent l'opposition de droite et une large partie de l'opinion.

Il intervient à deux jours d'une conférence de presse semestrielle très attendue du président François Hollande, dont 62% des Français souhaitent la démission selon un récent sondage. Il précède aussi le retour imminent dans l'arène de Nicolas Sarkozy.

Sondages négatifs

Les cotes de popularité du président et de son premier ministre ont continué à reculer en septembre. l chef de l'Etat est tombé à 13% et le Premier ministre à 30%, selon le dernier sondage publié lundi.

Face à ce que la presse qualifie de «descente aux enfers», le chef du gouvernement a fait pression sur les récalcitrants de sa majorité. Il a affirmé que «ce qui est en jeu, c'est la capacité de la gauche à gouverner».

Il a assuré lundi vouloir remplir sa mission «jusqu'au bout», réfutant des propos publiés dans le quotidien Le Monde lui faisant dire que «si d'ici trois à six mois, la situation (économique) ne s'est pas inversée, ce sera foutu».

La rentrée vire au cauchemar

La rentrée du couple Valls-Hollande, que le premier ministre avait dès le début de l'été anticipée comme «difficile», a viré au cauchemar, avec un remaniement gouvernemental imposé fin août par la rébellion de plusieurs ministres contre sa ligne réformiste. Le climat, délétère, a été attisé dans la foulée par la sortie d'un livre-brûlot de Valérie Trierweiler, l'ex-compagne de François Hollande, décrivant le chef de l'Etat comme méprisant les pauvres.

Pour couronner le tout, la panne de l'économie, sur fond de chômage record à plus de 10%, a contraint l'exécutif à rabaisser drastiquement ses prévisions de croissance pour l'année. Elles sont désormais de 0,4% contre 1% espéré jusqu'alors.

Au risque d'essuyer les foudres de Bruxelles, Paris a également reporté de deux ans, à la fin du mandat de M. Hollande en 2017, le retour du déficit public français au niveau maximal de 3% du PIB autorisés par les textes européens.

Dans ce contexte, l'enjeu majeur mardi pour Manuel Valls est de convaincre les députés «frondeurs» de l'aile gauche du Parti socialiste (PS). Ils l'accusent de mener une politique de droite favorable au patronat. Ces derniers devraient opter mardi pour une «abstention collective», tout comme le gros des 18 députés écologistes.

L'avis des politologues

Pour autant, les politologues ne voient pas la nouvelle équipe Valls tomber. «Il faudrait que 60 députés socialistes s'abstiennent pour menacer le gouvernement», estime Eddy Fougier, de l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).

Le groupe socialiste détient actuellement 289 députés sur 577, soit exactement la majorité absolue. Manuel Valls devrait aussi pouvoir compter sur les voix des radicaux de gauche, qui disposent de trois ministres et 17 députés.

Un échec de Manuel Valls à obtenir la confiance ouvrirait une nouvelle crise en l'acculant à la démission. Il obligerait vraisemblablement le président Hollande à dissoudre l'Assemblée.

(ats)

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