Actualisé 07.07.2015 à 20:13

Etats-UnisL'aveu de Bill Cosby relance le scandale

L'aveu du comédien, qui affirme avoir drogué une femme pour avoir des relations avec elle, a provoqué de nombreuses réactions.

Lundi soir, un document dans lequel Bill Cosby passe aux aveux pour au moins une femme a été publié.

Lundi soir, un document dans lequel Bill Cosby passe aux aveux pour au moins une femme a été publié.

Keystone

L'aveu par Bill Cosby qu'il a administré un puissant sédatif à au moins une femme pour avoir des relations sexuelles a relancé le scandale de viols présumés par le célèbre acteur américain, même s'il y a peu de chance qu'il soit poursuivi en justice.

Depuis novembre 2014, une trentaine de femmes sont sorties de l'ombre aux Etats-Unis, accusant Bill Cosby d'attouchements ou de viol, la plupart du temps en les droguant à leur insu. Plusieurs d'entre elles étaient mineures au moment des faits présumés, qui remontent dans certains cas aux années 1960.

Affaire à rebondissements

La parution lundi d'un document dans lequel il passe aux aveux pour au moins une femme est le dernier épisode de l'affaire à rebondissements qui a miné ces derniers mois la carrière de Bill Cosby, qui aura 78 ans en fin de semaine.

Dans cette transcription d'une déposition datant de 2005 mais rendue publique dix ans plus tard par les autorités, il admet avoir donné du Quaalude, un sédatif et hypnotique, à au moins une jeune femme en 1976.

Il s'agit d'Andrea Constand, ex-directrice du club de basket de Temple University où Bill Cosby a étudié et où il était membre du conseil d'administration. Il a quitté ce poste en décembre dernier au moment où les accusations se multipliaient.

La plainte de Andrea Constand pour viol s'était soldée par un non-lieu.

«Elle est venue me voir en coulisses»

Dans le document, l'avocate de Andrea Constand demande à Bill Cosby si, quand il a «obtenu les Quaaludes, (il) avait en tête de les utiliser avec des jeunes femmes avec lesquelles il voulait avoir des relations sexuelles?». Il répond «oui».

Il a ensuite rétro-pédalé, expliquant avoir mal entendu «women» (femmes) et cru entendre «woman» (femme): «je parlais uniquement de T...», une femme en particulier.

Plus loin dans cette déposition Bill Cosby déclare: «j'ai rencontré Mlle T. (dont l'anonymat a été préservé) à Las Vegas (en 1976). Elle est venue me voir en coulisses. Je lui ai donné du Quaalude. Nous avons eu un rapport sexuel».

Elles se réveillent nues dans un lit

Le scénario décrit par les victimes présumées, qui font surface à intervalles réguliers pour accuser Bill Cosby, est souvent le même: elles se voient proposer un verre, ne se souviennent plus de rien, et se réveillent nues dans un lit en sa compagnie.

Ces soupçons de viols ont lourdement terni l'image de Bill Cosby, longtemps considéré comme le père idéal de l'Amérique grâce à son personnage de «pater familias» affectueux et débonnaire dans «The Cosby show».

Au point que le juge Eduardo Robreno, qui a accepté de fournir à l'agence AP les documents publiés lundi, a ainsi justifié sa décision: «le contraste saisissant entre Bill Cosby, le moraliste public, et Bill Cosby, la cible de graves allégations concernant une conduite indécente (et peut-être criminelle), est un sujet qui a un intérêt particulier pour (...) le public».

«Une PREUVE d'actes terribles»

Jill Scott, chanteuse soul américaine et l'un des rares soutiens de l'acteur s'est dite mardi «écœurée» par la révélation de son aveu.

«Malheureusement son propre témoignage offre une PREUVE d'actes terribles, ce qui est TOUT ce que j'ai toujours demandé pour croire l'accusation», a-t-elle écrit dans un tweet.

Depuis le début du scandale, les annulations de spectacles se sont multipliées et la chaîne NBC, qui diffusait la célèbre sitcom, a mis fin à un programme en développement qui devait relancer sa carrière.

Délai de prescription

Pourtant, il semble peu probable qu'il soit réellement inquiété en justice à cause du délai de prescription.

En décembre, des procureurs de Los Angeles, en Californie (ouest), avaient refusé d'engager des poursuites après une plainte déposée pour agression sexuelle en 1974 au Playboy Mansion en raison de la prescription des faits, même si la plaignante était mineure à l'époque.

«Des années après, en l'absence de preuves physiques ou scientifiques, la seule information que les procureurs peuvent réunir sera le témoignage des femmes», observait récemment Me Stuart Slotnick, un avocat new yorkais.

Dans au moins un cas, l'acteur a conclu un accord à l'amiable avec une accusatrice, pour éviter un procès.

Plusieurs plaintes croisées pour diffamation ou tentative d'extorsion sont par ailleurs en cours entre Bill Cosby et certaines de ses accusatrices.

(AFP)

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