Actualisé 09.10.2013 à 18:49

ElectionsL'Azerbaïdjan réélit son président

Le président sortant de l'Azerbaïdjan était donné gagnant mercredi soir avec plus de 80% des suffrages d'une présidentielle sous contrôle. Ilham Aliev est au pouvoir depuis qu'il a succédé à son père en 2003.

Ilham Aliev est réélu avec près de 84% des voix.

Ilham Aliev est réélu avec près de 84% des voix.

AFP

Ilham Aliev est au pouvoir depuis 2003.

La Commission électorale centrale a annoncé que le chef d'Etat sortant avait remporté 84,7% des voix sur la base du dépouillement de 36% des bulletins. Son principal adversaire de l'opposition, Jamil Hasanli, aurait totalisé moins de 5% des voix. Ce dernier a d'ores et déjà dénoncé des fraudes «massives».

Les sondages à la sortie des bureaux de vote donnaient déjà Ilham Aliev vainqueur avec plus de 80% des suffrages. Un millier de partisans du président sortant avaient commencé à célébrer sa victoire avant même l'annonce des résultats officiels. Ils chantaient et dansaient lors d'un concert de musique pop dans le centre de Bakou.

La participation a atteint 72% des 5 millions d'électeurs, a indiqué la Commission électorale centrale à la clôture du scrutin. Son chef, Mazahir Panakhov, s'est d'ailleurs félicité d'un «taux élevé de participation».

Ilham Aliev a voté à Bakou, la capitale, accompagné de son épouse Mehriban et de leurs deux filles, sans faire de déclaration à la presse.

Dix candidats étaient en lice pour la présidence de cette ex-république soviétique du Caucase du Sud riche en hydrocarbures, mais personne n'avait d'illusions sur l'issue du scrutin.

«Ni libre ni juste»

Les opposants ont fait état de nombreuses irrégularités mercredi, affirmant que les mêmes électeurs votaient plusieurs fois dans différents bureaux de vote et que des observateurs s'étaient vu interdire de surveiller le scrutin.

«Des fraudes massives ont eu lieu dans tout le pays», a dénoncé l'état-major du candidat d'opposition Jamil Hasanli dans un communiqué. «Si les élections étaient libres, démocratiques et honnêtes, je les remporterais, je n'en ai aucun doute», a de son côté affirmé Jamil Hasanli à l'AFP.

Lors de brèves apparitions dans des débats, Jamil Hasanli, 61 ans, a accusé Ilham Aliev d'avoir laissé fleurir la corruption, et a estimé que seule la fraude pouvait apporter la victoire à ce dernier.

L'opposition «ne reconnaît pas les résultats de cette élection qui n'a été ni libre ni juste», a renchéri l'état-major. Il a dénoncé une campagne de répression à l'approche du scrutin, avec nombre d'arrestations et des lois pour bâillonner toute critique y compris sur Internet.

Le chef de la commission électorale a lui évoqué quelques actes de «provocation» perpétrés par des militants de l'opposition afin d'empêcher le scrutin.

Près de 52'000 observateurs locaux et internationaux surveillaient le déroulement de l'élection, et l'OSCE doit donner une conférence de presse jeudi à Bakou.

Amnesty International a déploré une «spirale de répression» qui a ciblé «ONG, médias, groupes critiques et pro-démocratie, ainsi que partis d'opposition».

Abondance de pétrole

Ilham Aliev, 51 ans, a succédé à son père en 2003 et a été réélu en 2008 pour un deuxième quinquennat. En 2009, il a obtenu par référendum la levée de la limitation à deux mandats présidentiels consécutifs.

Selon ses partisans, il n'aurait guère fait campagne, ses résultats économiques parlaient pour lui. Grâce aux milliards de dollars de la manne pétrolière, le niveau de vie dans ce pays d'un peu moins de 10 millions d'habitants s'est amélioré au cours des dernières années.

«Bien sûr, je vais voter pour notre président actuel Ilham Aliev», a déclaré Rizvan Samedov, 25 ans, directeur de marketing. «Sous sa direction, le pays s'est vraiment développé».

Avant M. Aliev, son père Heydar Aliev, ancien du KGB (Sécurité d'Etat du temps de l'URSS) et membre du Politburo du Parti communiste de l'Union soviétique, avait dirigé l'Azerbaïdjan presque sans interruption de 1969 à 2003.

(ats/afp)

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