France: L'eau continue à monter en région parisienne
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FranceL'eau continue à monter en région parisienne

Une crue au ralenti devrait encore perturber la capitale durant plusieurs jours.

Rues et routes inondées, navigation interdite, péniches et musées sous surveillance, riverains les pieds dans l'eau... Le niveau de la Seine continuait à monter jeudi en région parisienne, une crue au ralenti qui devrait perturber la capitale encore plusieurs jours.

A Villeneuve-Saint-Georges, dans la grande banlieue sud-est de Paris, l'Yerres débordait toujours jeudi dans un quartier particulièrement touché. Des habitants se déplaçaient en barque dans des rues où les voitures étaient en partie immergées.

«Après les inondations de 2016, on a mis presque deux ans à faire les travaux. On vient de finir. Là, on va devoir tout recommencer», se désole Akca, 31 ans, même si l'eau dans sa rue n'a pas encore atteint sa maison. Un peu plus bas, le sous-sol de Carlos, 21 ans, est déjà «complètement rempli, c'est une vraie piscine».

Quatorze départements du quart nord-est de la France étaient jeudi en vigilance orange crues-inondations, principalement autour du bassin de la Seine et de la Saône, les deux cours d'eau sous surveillance des autorités.

Après une accalmie météo, la pluie a repris jeudi, mais de façon modérée et ne devrait pas changer les prévisions de crue de la Seine qui continue à monter lentement dans Paris, selon Vigicrues.

«On attend le maximum de crue ce week-end, avec une hauteur entre 5,80 m et 6,20 m», a indiqué Bruno Janet, expert de l'organisme de surveillance des crues. Un niveau comparable à la crue de juin 2016 (6,10 m) mais très loin de celle historique de 1910 (8,63 m).

Jeudi matin, le niveau de la Seine atteignait 5,44 m au Pont d'Austerlitz et les conséquences se faisaient déjà sentir.

Jusqu'à la semaine prochaine

Le tronçon central d'une ligne du Réseau Express Régional (RER) traversant la capitale française, fermé depuis mercredi, le restera au moins jusqu'au 31 janvier inclus. D'autres stations de métro pourraient être fermées, les musées du Louvre et d'Orsay ont pris leurs précautions pour protéger les oeuvres et certaines voies longeant la Seine sont inondées.

Les propriétaires des péniches amarrées sur les quais sont inquiets. «On surveille le bateau pour s'assurer qu'il reste bien sur le lit du fleuve. Le danger principal c'est qu'il se pose sur les quais», explique Eric Merour, responsable d'une péniche-restaurant.

Face à la montée des eaux, les Voies navigables de France ont interdit la navigation sur certains cours d'eau, notamment toute la Seine amont, jusqu'à Paris, laissant notamment les bateaux-mouche de la capitale au chômage technique.

Si le pic est attendu pour le week-end, il est probable «qu'il soit très plat, progressif», a prédit Marc Mortureux, directeur de la prévention des risques au ministère de la Transition écologique. Et il est donc «probable que le niveau de la Seine reste assez haut pendant encore plusieurs jours la semaine prochaine». La situation s'améliorait malgré tout sur la partie amont du bassin de la Seine, selon Vigicrues.

Autre point d'attention: la Saône (est), qui voit arriver la crue du Doubs, rivière placée lundi en vigilance rouge. «Assez classiquement, des villes comme Chalon-sur-Saône vont être en partie inondées», selon M. Mortureux.

A l'origine de ce phénomène national, des précipitations importantes, sur des sols gorgés d'eau. Le bimestre décembre-janvier est ainsi l'un des trois les plus pluvieux depuis le début des relevés en 1900, selon Météo-France.

De nouvelles précipitations sont attendues jeudi surtout sur le Massif central, mais principalement sous forme de neige. «Cela a moins d'impact immédiat» pour les crues, a noté M. Mortureux.

(AFP)

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