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RockL'échappée belle des décibels

Avec un 7e album entre fureur et caresse de durs à cuir, les Ricains de Black Rebel Motorcycle Club saliront ce soir les moquettes du MJF avec classe. Interview.

par
Fred Valet
DR

A l’autre bout du fil, Peter Hayes traîne la voyelle avant chaque début de phrase. La voix fatiguée et l’esprit terrassé par la cadence des concerts, le leader des incroyables Black Rebel Motorcycle Club ne s’embarrasse pas de politesses lorsqu’on évoque l’état du rock’n’roll moderne. Surtout quand on met le pied dans les riffs bien éduqués et bourrés d’electro qui pullulent aujourd’hui sur les ondes. «On ne fait plus la différence entre rock et rock’n’roll, alors que c’est capital! Le rock s’est un peu assagi, oui. Il y a toujours eu des vagues moins furieuses dans l’histoire du rock. Il est devenu plus poli. Mais le rock’n’roll est toujours là, même s’il s’est probablement trompé de route, il y a longtemps déjà.» Black Rebel Motorcycle Club (BRMC), qui tire son nom de groupe d’un gang de motards mené par Marlon Brando dans le film «L’équipée sauvage», trace son chemin dans la poussière depuis une dizaine d’années sans jamais taper dans le haut des hit-parades. Sept albums, certains plus dispensables que d’autres, qui offrent à la guitare un autel éternel. Pour «Specter At The Feast», sorti il y a quelques mois, ils ont parfois réussi à atteindre la pédale des freins pour des ballades juteuses et mal peignées.

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