Espagne: L'écrivain Luis Sepúlveda est mort du Covid-19
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EspagneL'écrivain Luis Sepúlveda est mort du Covid-19

L'ancien militant et romancier mondialement reconnu est décédé ce 16 avril en Espagne, du nouveau coronavirus. Il avait 70 ans.

Luis Sepúlveda en 2009.

Luis Sepúlveda en 2009.

Keystone

L'écrivain chilien Luis Sepúlveda, mort du Covid-19 en Espagne à 70 ans, était un auteur engagé, condamné à quitter son Chili natal sous la dictature de Pinochet. Connu pour son best-seller «Le vieux qui lisait des romans d'amour», l'auteur était hospitalisé depuis un mois et demi à Oviedo, dans la région des Asturies, où il résidait depuis plus de vingt ans.

Sepúlveda est l'auteur d'une vingtaine de romans (dont des thrillers), chroniques, récits, nouvelles et fables pour enfants traduits dans une cinquantaine de pays.

Né en octobre 1949 à Ovalle, ville située au nord de la capitale chilienne, Santiago, l'auteur a milité très jeune dans les jeunesses communistes puis dans une branche du Parti socialiste. Ce qui lui vaut d'être arrêté en 1973 par le régime du général Augusto Pinochet.

Il évoquera cette sombre période dans «La folie de Pinochet» («La locura de Pinochet», 2003). «J'écris parce que je crois à la force militante des mots», disait l'auteur, qui a attendu 2017 pour retrouver sa nationalité chilienne dont il avait été privé par Pinochet.

Emprisonné

Emprisonné pendant deux ans et demi, il est assigné à résidence grâce à l'intercession d'Amnesty International et parvient à s'échapper, restant près d'un an dans la clandestinité. Repris, il est condamné à 28 ans de prison, une peine commuée en exil, encore grâce à Amnesty. Il quitte en 1977 le Chili, où il ne reviendra jamais s'installer.

Censé s'exiler en Suède, le jeune homme s'échappe lors d'une escale en Argentine pour commencer un périple de plusieurs années en Amérique du Sud, où il fonde des troupes de théâtre en Équateur, au Pérou, en Colombie, et s'engage dans la lutte armée aux côtés des sandinistes au Nicaragua.

En 1978, un programme d'études pour l'UNESCO l'amène à partager la vie, pendant un an, des Indiens shuars, qu'il mettra en scène dans «Le vieux qui lisait des romans d'amour», publié en 1992. Traduit en 35 langues, ce premier roman («Un viejo que leía novelas de amor») de Sepúlveda est une invitation à repenser notre rapport à la nature.

Empruntant la forme du conte, l'auteur chilien y raconte l'histoire d'Antonio José Bolívar, qui connaît le peuple amazonien des Shuars (également appelés Jivaros par les envahisseurs espagnols). Lorsque des villageois les accusent à tort du meurtre d'un chasseur blanc, le vieil homme quitte ses romans d'amour, seule échappatoire à la barbarie des hommes, pour chasser le vrai coupable, une panthère majestueuse.

Succès planétaire, ce roman a été adapté au cinéma en 2001 par Rolf de Heer («The Old Man Who Read Love Stories»), avec Richard Dreyfuss dans le rôle principal.

(AFP)

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