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MédiasL'éditeur du «Frankfurter Allgemeine» va supprimer 200 postes

La maison mère du journal allemand «Frankfurter Allgemeine Zeitung» (FAZ) a annoncé un plan de restructuration qui se traduira par 200 suppressions de postes au cours des trois années à venir. La rédaction perdra 40 journalistes.

ARCHIVES, Keystone

La maison d'édition FAZ GmbH, qui chapeaute le quotidien de centre-droit, son édition dominicale «FAS» et le site Internet faz.net, veut ainsi réaliser d'ici 2017 20 millions d'euros (24,2 millions de francs) d'économies, selon un communiqué diffusé mardi 16 septembre. Et ce pour «garantir la viabilité économique à long terme» du groupe.

Les 40 suppressions d'emplois au sein de la rédaction, sur un total de 400 postes, se feront au moyen de départs en retraite anticipés, de fluctuations naturelles et de «mesures socialement acceptables», précise la société. Pour les 160 autres postes dans les autres fonctions, sur 500, des licenciements secs ne sont pas exclus.

«La 'FAZ' aussi doit prendre acte des nouvelles conditions économiques», a commenté le patron du groupe Thomas Lindner. «Nous avons besoin de marges de manoeuvre pour développer de nouveaux produits et offres».

«Libé» aussi

Cette annonce du journal allemand, connu pour ses papiers d'analyse fouillés et ses tribunes, arrive un jour après celle du quotidien français de gauche Libération, où environ un tiers des postes vont être supprimés et l'organisation remise à plat.

La «FAZ», basé à Francfort (ouest), fait partie de la poignée de quotidiens allemands supra-régionaux, c'est-à-dire lus dans tout le pays en dépit d'un ancrage régional fort. Au même titre que le Süddeutsche Zeitung, de Munich, et Die Welt, propriété du groupe d'édition Axel Springer.

Ventes en recul

Longtemps réputé très aride, avec peu d'illustrations et de couleurs, le journal avait modernisé son apparence en 2007, et a lancé en 2011 une version numérique et pour iPad. Il revendique des ventes quotidiennes de 307'000 exemplaires (du lundi au samedi). Elles étaient d'environ 400'000 au début de la dernière décennie.

Le paysage des journaux allemands s'est nettement clairsemé ces dernières années: le Financial Times Deutschland, quotidien économique saumon comme son grand frère britannique, a mis la clé sous la porte fin 2012. Le Frankfurter Rundschau, qui a longtemps joué dans la cour des journaux supra-régionaux, n'est plus que l'ombre de lui-même.

Les Allemands restent de gros consommateurs de journaux. Mais les ventes devraient reculer de 3% cette année, poursuivant la tendance des années précédentes, selon la fédération du secteur BVDZ.

(ats)

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