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FranceL'effort de rigueur budgétaire exigé en 2013 est historique

Exigeant un effort de 36,9 milliards d'euros (43,5 milliards de francs), dont plus de 24 milliards en hausses d'impôts, la cure de rigueur demandée par le gouvernement Hollande sera d'une sévérité historique.

François Hollande, à l'ouverture du Salon de l'automobile de Paris, a salué le «budget porteur de redressement».

François Hollande, à l'ouverture du Salon de l'automobile de Paris, a salué le «budget porteur de redressement».

AFP

Le gouvernement français a adopté vendredi son projet de budget 2013.

Bâti sur une prévision de croissance de 0,8% en 2013 déjà jugée optimiste par les économistes, le budget décidé vendredi doit permettre de ramener le déficit public à 3% du produit intérieur brut (PIB) l'an prochain, contre 4,5% cette année.

Un tel effort sera inédit en période de croissance très faible et de chômage élevé, puisque la France compte plus de 3 millions de sans emploi.

Déficit zéro en 2016

L'objectif posé par François Hollande d'un retour à l'équilibre des finances publiques en 2017 est cependant abandonné, et le gouvernement prévoit encore un déficit à 0,3% du PIB en fin de quinquennat.

En revanche, selon Bercy, le déficit zéro sera atteint dès 2016 en termes «structurels», hors aléas de la conjoncture, conformément au nouveau traité européen en cours de ratification.

En ce qui concerne la dette publique, le gouvernement prévoit qu'elle dépassera un nouveau record en 2013, à 91,3% du PIB (64,2% en 2007), avant un reflux en 2014. Comme en 2012, sa charge restera cette année encore le premier poste budgétaire de l'Etat, avant l'enseignement scolaire.

Des postes seront créés pour les missions considérées comme prioritaires par François Hollande: 11'000 dans l'éducation, la justice et la sécurité, contre 12'298 supprimés dans les autres ministères. Par ailleurs, la prime de Noël est pérennisée.

Pics d'impôts

Le projet de loi de finances, et celui de financement de la Sécurité sociale qui sera présenté lundi, prévoient 9,1 milliards d'euros d'impôts supplémentaires sur les ménages et 10,8 milliards sur les entreprises, a détaillé le ministre délégué au Budget Jérôme Cahuzac.

Ces impôts s'ajoutent aux 4,4 milliards de nouveaux prélèvements déjà votés durant l'été ainsi qu'à 10 milliards d'économies sur les dépenses de l'Etat et 2,5 milliards d'économies de l'assurance maladie.

Les prélèvements obligatoires atteindront donc des sommets les prochaines années, avec un record à 46,7% du PIB en 2015, mais le gouvernement promet des baisses d'impôts à compter de 2016.

Un bouclier fiscal est rétabli pour éviter que le cumul des impôts directs nationaux ne dépasse 75% des revenus d'un contribuable. Une taxe exceptionnelle et symbolique à 75% sur la part des revenus d'activité excédant un million d'euros annuels est en outre créée pour deux ans.

«Très mauvais choix»

La majorité de gauche s'est finalement résolue à l'austérité pour son premier budget, alors qu'elle critiquait ce principe même en période de croissance atone et de chômage élevé, lorsqu'elle se trouvait dans l'opposition.

Le président François Hollande a ainsi salué un «budget porteur de redressement». Pour son Premier ministre Jean-Marc Ayrault, il s'agit d'un «budget de combat pour la justice sociale», «pour la croissance, la préparation de l'avenir».

Au contraire, l'opposition de droite a aussitôt dénoncé un «très mauvais choix». «Jamais on n'aura infligé aux ménages ni aux entreprises un tel choc fiscal qui va amputer le pouvoir d'achat et faire courir des risques sur la consommation», a fait valoir le président de la commission des Finances de l'Assemblée, Gilles Carrez.

Très sévère, l'ancienne ministre UMP du Budget Valérie Pécresse a estimé que ce budget «augmentera le chômage et ne ranimera pas la croissance». Selon elle, plusieurs mesures touchent les foyers modestes et les classes moyennes: «100% des Français» seront touchés par les hausses d'impôts, a-t-elle fait valoir.

Quant à la présidente du Front national Marine Le Pen, elle a accusé le gouvernement d'entraîner la France vers un «crash économique et social pour sauver l'euro».

(ats/afp)

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