Actualisé 27.03.2020 à 10:16

AllemagneL'Église dépoussière ses reliques de sainte Corona

La cathédrale d'Aix-la-Chapelle ressort les restes de cette martyre qui, vu son nom, suscite l'intérêt du public.

par
lematin.ch
Le sommet du reliquaire en forme de basilique qui abrite les restes de sainte Corona est restauré à Aix-la-Chapelle.

Le sommet du reliquaire en forme de basilique qui abrite les restes de sainte Corona est restauré à Aix-la-Chapelle.

Keystone

Si le village autrichien de Sankt Corona am Wechsel commence à trouver que son nom est pesant en raison de l'épidémie de coronavirus, tous n'ont pas la même réaction. À la cathédrale d'Aix-la-Chapelle, en Allemagne, on se prépare à ressortir les restes d'une martyre du IIe siècle, une certaine... sainte Corona.

Les versions sur la vie (et surtout la mort) de cette jeune femme divergent. Corona (ou Stefania puisque «stephanos» en grec signifie «couronne», comme «corona») aurait assisté à la torture et la mise à mort d'un soldat romain converti au christianisme et qui allait être vénéré sous le nom de saint Victor. Selon certaines sources, Corona, âgée de 15 ou 16 ans seulement, aurait été soit l'épouse de Victor, soit celle de l'un de ses compagnons d'arme. Elle serait intervenue pour clamer l'innocence de Victor, ce qui lui aurait valu d'être attachée entre deux palmiers repliés et d'être ainsi écartelée lorsqu'ils se sont redressés. Ces faits se seraient produits soit à Damas, Antioche, Alexandrie voire même en Sicile, en 170 après Jésus Christ, sous le règne de Marc Aurèle ou alors cent ans plus tard.

Reliques ramenées en 997

Des reliques de ces deux saints ont été rapportées en Italie vers le IXe ou Xe siècle, d'abord à Venise puis à Feltre où fut construite la basilique des saints Vittore et Corona. C'est Otto III, empereur du Saint-Empire romain germanique qui a ramené des reliques de sainte Corona à Aix-la-Chapelle en 997. Celles-ci auraient alors été conservées dans une tombe sous une dalle de la cathédrale jusqu'en 1911 ou 1912. Elles ont alors été déposées dans un sanctuaire en or, en forme de basilique, qui mesure 93 cm de haut et pèse 98 kilos.

La cathédrale avait prévu, selon l'agence Reuters, de présenter ce sanctuaire, invisible depuis 25 ans, l'été prochain dans le cadre d'une exposition sur l'artisanat de l'or. Évidemment, aujourd'hui, on ignore si cette exposition pourra avoir lieu en raison de l'épidémie de coronavirus, mais cette dernière a du coup créé un regain d'intérêt du public pour sainte Corona. Même si Reuters parle d'une sainte patronne des épidémies, ce qui serait un incroyable hasard, il semble plutôt qu'elle est la patronne des trésors cachés. Reste que de nombreux croyants semblent avoir décidé désormais de prier sainte Corona et les restaurateurs de la cathédrale redoublent désormais de soins pour redonner toute sa splendeur au reliquaire de la martyre. En espérant pouvoir le présenter au public le plus rapidement possible.

Ne pas confondre avec la couronne

Sainte Corona est surtout vénérée en Allemagne et en Autriche et, s'il existe des églises santa Corona en Italie, celles-ci font plutôt référence (mis à part celle de Feltre) à la couronne d'épines du Christ. Rappelons en outre que le coronavirus se nomme ainsi car il a une forme de couronne.

Michel Pralong

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