DÉCONSTRUCTION: L'église ramenée à Terre

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DÉCONSTRUCTIONL'église ramenée à Terre

Après avoir été désacralisé, un édifice religieux préfabriqué a été désamianté et démonté, dans le Jura bernois.

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Le Matin
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«C'est ma première église… et sans doute la dernière», confie le chef du chantier Olivier Bühlmann.

«C'est ma première église… et sans doute la dernière», confie le chef du chantier Olivier Bühlmann.

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Jusqu'au dernier moment, les ampoules sont restées accrochées…

Jusqu'au dernier moment, les ampoules sont restées accrochées…

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Chaque pan préfabriqué pèse une quinzaine de tonnes.

Chaque pan préfabriqué pèse une quinzaine de tonnes.

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Des armatures de béton entassées, c'est tout ce qui reste depuis hier de l'église catholique de Courtelary (BE), un édifice inauguré en 1972 dans un quartier résidentiel, quand l'immigration italienne a rendu trop exigu le cinéma où se déroulaient les cultes.

«C'est ma première église… et sans doute la dernière», souffle le chef du chantier, Olivier Bühlmann. Construit avec les prêts sans intérêt d'Action de carême, l'édifice préfabriqué prévu pour durer 25 ans a fini par coûter trop cher en entretien et en chauffage à une paroisse qui possède deux autres églises dans le vallon de Saint-Imier.

Présidente de la paroisse, Françoise Imhoff fait contre mauvaise fortune bon cœur: «Je ne regretterai pas cet édifice aux allures de cathédrale, mais aux murs en béton et aux fenêtres en plastique». Même discours chez le voisin protestant qui s'était opposé à cette construction qui lui faisait de l'ombre: «J'avais obtenu que cette église soit orientée différemment», indique Roland Leuenberger, premier spectateur du chantier.

Une fois l'église de la Sainte-Trinité désacralisée et son clocher privé de la cloche et de la croix, les ouvriers ont commencé par éliminer les plaques d'Eternit: «Les fouines logées dans l'isolation nous couraient entre les jambes», s'amuse Olivier Bühlmann. Une fois le bois évacué, restait l'ossature de béton à 15 tonnes la pièce, tandis que sous la toiture, les ampoules pendaient encore à leur câble.

Le béton armé sera concassé, une fois débarrassé de son armature métallique. Au total, ce sont 500 tonnes de matériaux qui seront recyclés pour un coût de 160'000 francs. Une petite chapelle figure dans le projet de construction élaboré par la paroisse, qui prévoit des appartements. Dans l'intervalle, les paroissiens iront à l'église à Saint-Imier ou à Corgémont, ce qu'ils faisaient déjà en hiver, quand l'église mal chauffée était fermée.

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