Publié

Moyen-OrientL'EI a perdu 23% de son territoire en 2016

En retrait en Irak et en Syrie, le groupe djihadiste, Etat islamique (EI) voit sa cohésion menacée, expliquent des experts.

1 / 150
Malgré la trêve humanitaire, les violences entre l'armée syrienne et les insurgés ont repris dans la Ghouta orientale. (Mercredi 28 février 2018)

Malgré la trêve humanitaire, les violences entre l'armée syrienne et les insurgés ont repris dans la Ghouta orientale. (Mercredi 28 février 2018)

AFP
Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux combattants kurdes contre l'EI dans le nord de la Syrie, au grand dam d'Ankara. (Mardi 30 mai 2017)

Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux combattants kurdes contre l'EI dans le nord de la Syrie, au grand dam d'Ankara. (Mardi 30 mai 2017)

Keystone
Des frappes de la coalition ont visé des immeubles d'habitation à Mayadine, dans l'est de la Syrie, faisant 35 civils morts. (Jeudi 25 mai 2017)

Des frappes de la coalition ont visé des immeubles d'habitation à Mayadine, dans l'est de la Syrie, faisant 35 civils morts. (Jeudi 25 mai 2017)

Keystone

Entre le mois de janvier 2016 et la fin de l'année, la superficie du «califat» proclamé par l'EI sur ces deux pays est passée de 78'000 km2 à 60'400 km2, soit une zone représentant la moitié d'un pays comme la Corée du Nord, explique le cabinet d'analyse IHS Markit, basé à Londres.

En 2015, le territoire contrôlé par les djihadistes avait déjà fondu de 14%, passant de 90'800 km2 à 78'000 km2. L'EI «a souffert de pertes territoriales sans précédent en 2016, notamment des zones cruciales pour le projet de gouvernance du groupe», souligne Columb Strack, un analyste d'IHS, cité dans l'étude.

«Et cela, a-t-il souligné, malgré la reconquête en décembre de Palmyre», la ville syrienne antique inscrite par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité, reprise par les djihadistes après une contre-attaque éclair. Comme le souligne IHS, l'EI n'en a pas moins connu en 2016 une série d'échecs militaires, perdant en Syrie les villes de Dabiq ou Minbej, et en Irak celles de Ramadi ou Falloujah.

Dissensions internes

Selon IHS, les pertes territoriales enregistrées par l'EI ont entraîné des dissensions en interne sur la manière d'y répondre, qui menacent la «cohésion» du groupe. «Cela fait peser sur le groupe Etat islamique le risque de défections vers des groupes djihadistes rivaux en Syrie, ou même d'un possible éclatement interne» de l'EI, estime un autre expert d'IHS, Ludovico Carlino.

Alors que des responsables militaires ont annoncé mercredi la libération de la partie est de Mossoul, IHS estime que la ville irakienne pourrait être complètement reprise «avant la seconde moitié de l'année».

La reconquête de Raqa, en Syrie, pourrait s'avérer plus problématique, avance également IHS en soulignant que la ville constitue «le cœur de l'Etat islamique». IHS estime qu'il faudra probablement pour en chasser les djihadistes en 2017 «une vaste intervention au sol» menée par un acteur extérieur comme les Etats-Unis, la Turquie ou la Russie, et celle des forces du président Bachar el-Assad.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!