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IrakL'EI résiste et l'offensive avance sur Mossoul

Selon des responsables américains, tous les objectifs ont été atteints mais la résistance des djihadistes devrait s'accroître.

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Les Emirats arabes unis ont proposé de prendre en charge la reconstruction de la mosquée Al-Nouri et de son minaret penché emblématique de Mossoul. (Dimanche 11 mars 2018)

Les Emirats arabes unis ont proposé de prendre en charge la reconstruction de la mosquée Al-Nouri et de son minaret penché emblématique de Mossoul. (Dimanche 11 mars 2018)

AFP
Mossoul fête ce jeudi 14 décembre la victoire sur l'EI. Des milliers de policiers, militaires et une centaine de véhicules blindés ont défilé pour la délivrance et le retour à la vie normale. (14 décembre 2017)

Mossoul fête ce jeudi 14 décembre la victoire sur l'EI. Des milliers de policiers, militaires et une centaine de véhicules blindés ont défilé pour la délivrance et le retour à la vie normale. (14 décembre 2017)

Keystone
Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a annoncé samedi «la fin de la guerre contre l'EI» en Irak. Les forces gouvernementales se battent depuis trois ans pour éliminer le groupe djihadiste Etat islamique (EI) du pays. (Samedi 9 décembre 2017)

Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a annoncé samedi «la fin de la guerre contre l'EI» en Irak. Les forces gouvernementales se battent depuis trois ans pour éliminer le groupe djihadiste Etat islamique (EI) du pays. (Samedi 9 décembre 2017)

AFP

Les responsables américains considèrent que l'offensive pour reprendre Mossoul au groupe Etat islamique se déroule bien, mais préviennent que la résistance des djihadistes va s'accroître à mesure que les forces irakiennes s'approcheront de la ville.

«Tous les objectifs ont été atteints jusqu'à présent», a déclaré sur Twitter Brett McGurk, l'émissaire du président américain Barack Obama auprès de la coalition internationale antijihadistes qui intervient en soutien aux forces irakiennes.

Alors que la vaste et complexe opération lancée pour reprendre Mossoul est entrée dans sa deuxième semaine, les ministres de la Défense de la coalition internationale se réunissent à Paris mardi pour faire le point sur cette offensive et examiner les divers scénarios envisageables pendant et après la reprise de la ville.

Treize ministres de la coalition (qui compte une soixantaine de pays), dont le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter, sont attendus à Paris pour ces entretiens, à la veille d'une réunion des ministres de la Défense de l'Otan mercredi à Bruxelles.

Fuite généralisée ou lutte à mort ?

«On ne sait pas comment Daech va réagir. Il y a différentes hypothèses, qui vont d'une tentative de fuite généralisée pour se disperser vers de nouveaux théâtres à une lutte à mort dans Mossoul pour infliger le maximum de pertes aux Irakiens et aux peshmergas kurdes», a déclaré une source dans l'entourage du ministre français Jean-Yves Le Drian.

Sur le terrain, les dizaines de milliers d'hommes mobilisés convergent à partir de différents fronts vers le fief de l'EI, où son chef Abou Bakr al-Baghdadi avait proclamé l'instauration d'un «califat» en juin 2014.

En soutien à ces forces, la coalition internationale a mené «plus de frappes» aériennes depuis le lancement de l'opération sur Mossoul «que durant n'importe quelle semaine depuis le début de la guerre contre l'EI» en 2014, a déclaré Brett McGurk.

Les peshmergas en première ligne

En première ligne sur le front, les combattants kurdes (peshmergas) étaient positionnés dans la ville de Bachiqa, à environ 25 km de Mossoul.

Au sud-est de Mossoul, des forces d'élite fédérales se battaient pour reconquérir la ville chrétienne de Qaraqosh. Dans la cité, elles ont essuyé des tirs de djihadistes pour le troisième jour consécutif, selon un correspondant de l'AFP.

«Nous nous attendons à ce que la résistance augmente au fur et à mesure que l'on s'approche» de Mossoul, a prévenu un officier de l'état-major américain à Bagdad.

Les stratèges américains estiment toutefois que pour l'instant, l'EI n'essaie pas de bloquer l'avancée des troupes irakiennes et des peshmergas et cherche juste à «infliger des pertes».

L'EI tente de faire diversion

L'EI tente parallèlement de détourner les forces irakiennes de Mossoul. Son attaque surprise lancée vendredi à Kirkouk, à 170 kilomètres au sud-est de Mossoul, a été mise en échec et «la vie est retournée à la normale», a indiqué lundi le gouverneur de la province, Najmeddin Karin. Selon lui, 74 djihadistes ont été tués ainsi que 46 personnes, principalement des forces de sécurité.

La progression de ces derniers jours a donné un avant-goût des défenses préparées par l'EI: talus, tranchées remplies de pétrole, véhicules bourrés d'explosifs ou tunnels permettant aux djihadistes de revenir dans des positions que les forces irakiennes croyaient abandonnées pour prendre ces dernières à revers.

Les djihadistes ont également percé les murs mitoyens des maisons pour pouvoir passer d'immeuble en immeuble sans avoir à sortir dans la rue. «Ils ont très bien préparé leurs défenses», résume un officier américain.

Celui-ci estime qu'il y a «3000 à 5000 combattants» qui attendent les forces irakiennes dans Mossoul même, auxquels il faut ajouter «1000 à 1500/2000 combattants» qui sont chargés de mener des actions dans les alentours de la ville.

djihadistes venus de Syrie

Par ailleurs, selon l'entourage du ministre français de la Défense, «quelques centaines» de djihadistes sont arrivés de Syrie ces derniers jours pour renforcer les combattants de l'EI à Mossoul.

Pour les militaires américains, il ne fait pas de doute qu'une partie des djihadistes de Mossoul se battra jusqu'à la mort. Mais ils s'attendent à ce que d'autres tentent de fuir ou de se fondre dans la population.

L'une des questions liées à l'offensive est le rôle joué par la Turquie. Celle-ci a affirmé dimanche avoir fourni un soutien militaire aux peshmergas à Bachiqa. Mais Bagdad a démenti lundi «que la Turquie participe sous quelle forme que ce soit aux opérations».

Par ailleurs, Human Rights Watch a appelé à l'ouverture d'une enquête sur les circonstances d'une frappe aérienne ayant provoqué vendredi la mort de 15 femmes dans une mosquée à Dakouk (nord). La Russie a désigné la coalition internationale, qui a démenti avoir mené ce raid.

(ats)

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