Publié

GuerreL'EI se rapproche de la frontière turque

Les djihadistes du groupe Etat islamique ont étendu leur contrôle près de la frontière turque, dans la province d'Alep.

AFP

Le groupe Etat islamique a élargi son «califat» autoproclamé en repoussant les forces gouvernementales syriennes dans le centre de la Syrie et en avançant au détriment des rebelles dans le nord.

Les djihadistes ont pris possession du village de Suran dimanche, à l'issue de trois jours de combats qui ont fait 45 morts parmi les rebelles et une trentaine de victimes dans les rangs des djihadistes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

L'EI se trouvait ce lundi 1er juin à environ 10 km de la frontière turque et s'approchait de la ville de Marea, située sur une route menant à la Turquie, voie d'accès cruciale pour le ravitaillement des rebelles.

Dans le centre de la Syrie, l'EI a capturé samedi un important point de contrôle situé sur un carrefour stratégique au sud de la cité antique de Palmyre, tombée aux mains de l'EI le 21 mai dernier. Le barrage et le village proche de Basireh sont situés sur les routes menant à Damas au sud, à Homs à l'ouest et en Irak à l'est.

«La route est désormais ouverte (pour l'EI) de Palmyre à la province d'Al-Anbar en Irak, sans plus aucun obstacle», a indiqué lundi Mohammed Hassan al-Homsi, un militant local.

Dans le nord-est, l'EI n'est plus qu'à 2 km de Hassaké, chef-lieu de la province éponyme. «Un combattant de l'EI s'est fait sauter lundi à un point de contrôle des forces pro-gouvernementales près de cette ville, faisant au moins neuf morts ainsi que des blessés parmi les forces du régime», selon l'OSDH. D'après cette source, l'EI contrôlerait au moins la moitié du territoire syrien, avec des bastions dans la province de Raqa et le désert oriental.

Onzième pays arabe

Selon le géographe français spécialiste de la Syrie, Fabrice Ballanche, «entre l'Irak et la Syrie, le groupe s'est emparé de près de 300'000 km2 de territoire», ce qui correspondrait au «onzième pays arabe par sa superficie, derrière Oman, sur les 22 que compte la Ligue arabe».

Le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, fait état de «pertes humaines» importantes du côté du régime, qui «en raison d'un manque énorme d'enrôlements» a dû se retirer de positions stratégiques.

«Les forces armées et milices pro-gouvernementales ne souhaitent pas se battre dans des zones où la population civile ne combat pas elle aussi», a-t-il expliqué. Les soldats désirent mener la bataille dans des régions à majorité alaouite (minorité religieuse dont est issu le président Bachar el-Assad) plutôt que dans les zones à majorité sunnite.

Une page Facebook pro-régime qui publie des informations de Lattakié, fief des Assad, a déploré «les milliers de morts et de blessés» dans les provinces côtières, appelant les autres régions à prendre les armes pour alléger la pression sur les minorités.

(ats)

Votre opinion