Actualisé 04.03.2019 à 06:50

Non!L'émoji raclette se prend une gamelle

Une équipe du quotidien «Le Monde» a tenté de persuader le consortium Unicode d'adopter une nouvelle émoticône. L'initiative a été rejetée au premier stade de la sélection: «Trop obscur.»

par
JChC
Après un test de popularité par sondage, c'est finalement la variante portion individuelle qui a été choisie pour l'élaboration du pictogramme.

Après un test de popularité par sondage, c'est finalement la variante portion individuelle qui a été choisie pour l'élaboration du pictogramme.

iStock/margouillatphotos

La chance sourit aux audacieux mais pas tout le temps et pas à tous. Des membres de la rubrique «Pixels» de la rédaction du «Monde» en ont fait la rigolarde expérience après avoir considéré que la raclette méritait son émoji, au même titre que le bretzel.

L'équipe a tôt fait de découvrir que l'intégration d'un petit nouveau dans la grande famille de ces logos chargés de véhiculer une émotion visuelle était loin d'être une partie de campagne. Toute proposition doit en effet être soumise au consortium Unicode, une structure regroupant, en Californie, les représentants des grands acteurs du numérique (Google, Apple, Facebook...), des institutions et même des pays... Et de découvrir que les conditions d'admission sont nombreuses, drastiques et que les motivations doivent être solidement argumentées.

Recalé dès la première étape

Le comité d'organisation s'est donc plié à l'exercice en accompagnant ses propositions de pictogramme d'un dossier charpenté qui a été soumis par courriel en janvier dernier. Le couperet est tombé au début du mois de février raconte «Pixels»: l'émoji raclette – qui avait finalement opté pour l'option portion individuelle et non meule – est recalé dès la première étape de l'évaluation. «Ça nous semble être un plat trop obscur, pas assez universel pour en faire une priorité à ajouter aux émojis nourriture», écrit le sous-comité qui, non sans humour, propose aux candidats de se contenter de l'alignement de deux émoticônes existants: celui du feu et de la portion de fromage à trous (qui n'est pas du gruyère, donc).

Il faut dire que la partie était loin d'être gagnée d'avance. En faisant des recherches sur la popularité du plat à base de fromage fondu, les concepteurs du projets sont allés de désillusions en désillusions: «La réponse est cruelle, amis français, amis suisses : sur les autoroutes de l’information, la raclette est éclatée par le melon», écrit l'auteure de l'article.

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