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FranceL'«empoisonneuse» de retraités face à la justice

Le procès d'une aide-soignante qui a administré du poison à treize résidents d'une maison de retraite s'est ouvert mardi.

Image d'illustration, Keystone

Le procès d'une aide-soignante s'est ouvert mardi après-midi devant les assises de Savoie. Elle est accusée d'avoir administré des cocktails de médicaments à au moins 13 personnes âgées dans une maison de retraite proche de Chambéry. Dix en sont mortes.

L'accusée, qui aura 34 ans au lendemain du début de son procès pour empoisonnement sur personnes vulnérables, s'est présentée vêtue de vêtements sombres, et a décliné son état civil d'une voix au timbre enfantin, visiblement tendue.

La jeune femme, assistée de deux avocats, est jugée pour avoir donné pendant un an, entre 2012 et 2013, des mélanges de psychotropes (neuroleptiques et antidépresseurs) à des personnes âgées, dont aucune n'avait exprimé l'envie d'abréger sa vie.

Les personnes visées, huit femmes et cinq hommes de 76 à 96 ans, étaient accueillies dans l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) Le Césalet, à Jacob-Bellecombette (Savoie), relevant du Centre hospitalier de Chambéry. Les bancs des familles parties civiles étaient combles.

Souffrance insupportable

L'accusée est détenue à la prison de Bonneville, en Haute-Savoie, depuis sa mise en examen en décembre 2013, peu de temps après que l'affaire eut éclaté. C'est le coma soudain d'une pensionnaire de l'Ehpad fin novembre 2013, son hospitalisation, des analyses toxicologiques et sa mort rapide qui ont permis de s'apercevoir de la présence de médicaments qui n'auraient pas dû lui être administrés.

De proche en proche, un lien était fait avec d'autres malaises inexpliqués dont plusieurs suivis du décès de ces résidents âgés et souvent atteints de pathologies liées à la vieillesse. L'examen des emplois du temps du personnel faisait apparaître la présence de la prévenue.

L'aide soignante, décrite comme compétente et investie dans son travail, était à cette époque très affectée par le décès de sa mère d'une leucémie aiguë. Fille unique, célibataire et sans enfant, elle entretenait avec elle une relation fusionnelle et ne supportait plus de voir des gens souffrir, selon des membres de sa famille.

(ats)

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