Actualisé 21.03.2017 à 20:38

L'enquête Fillon prend un nouveau tournant

France

Selon «Le Monde», le parquet national financier a délivré un réquisitoire supplétif pour «escroquerie aggravée, faux et usage de faux» aux juges d’instruction.

par
NXP avec l'ATS
François Fillon.

François Fillon.

AFP

Après le détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, complicité et recel de ces délits, trafic d'influence et manquement aux obligations déclaratives, voici venu l'escroquerie aggravée, faux et usage de faux. L'enquête est déjà ouverte pour les premiers faits et s'élargit aux seconds, d'après le quotidien français Le Monde.

La justice semble penser que les époux Fillon ont établi des relevés d'heures de travail a posteriori pour justifier l'injustifiable. La justice a ainsi délivré le 16 mars un réquisitoire supplétif pour «escroquerie aggravée, faux et usage de faux» aux juges d'instruction chargés de l'enquête sur les époux Fillon.

Dans son édition à paraître demain, l'hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné affirme que Penelope Fillon a cumulé deux emplois à temps plein durant plus d'un an, entre l'été 2012 et l'automne 2013. Pour ne pas contrevenir au règlement de l'Assemblée nationale qui limite le nombre d'heures de travail, les époux auraient ajusté les relevés signés par Penelope Fillon et remis aux juges dans le cadre de l'enquête.

«Il n'y a pas le moindre faux dans ce dossier», a contesté l'avocat de Mme Fillon, Pierre Cornut-Gentille, en dénonçant une violation du secret de l'instruction. «Nous n'allons pas nous expliquer avant que nous allions devant les juges», a-t-il ajouté.

Et maintenant, l'industriel libanais

Autre révélation dans l'hebdomadaire satirique à paraître demain: François Fillon aurait reçu 50'000 dollars (autant de francs suisses) par le biais de sa société de conseil, d'un industriel libanais qui souhaitait que le politicien français lui présente le président russe Vladimir Poutine et le PDG de Total.

François Fillon aurait joué ce rôle d'intermédiaire le 19 juin 2015 à l'occasion du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, précise l'hebdomadaire satirique relayé par l'Agence Télégraphique Suisse (ATS). Quelques jours auparavant, François Fillon, alors député de Paris, aurait signé un contrat avec la société de l'industriel libanais.

Il s'engageait à lui présenter des dirigeants russes, algériens, gabonais, ivoiriens et français. Il aurait finalement organisé à Saint-Pétersbourg une rencontre avec Vladimir Poutine, puis dans la foulée avec le PDG de Total Patrick Pouyanné, explique l'ATS à la lecture du Canard enchaîné.

Outre la somme de 50'000 dollars, le contrat prévoyait un intéressement pour chaque marché conclu. Mais François Fillon n'a perçu aucune prime de résultat, selon le chargé de communication de l'industriel sollicité par Le Canard enchaîné. L'entourage du candidat n'était pas joignable dans l'immédiat.

«Demi-mensonge»

Après les emplois d'attachés parlementaires de ses proches et l'affaire «des costumes», le candidat de la droite et du centre à la présidentielle est l'objet de nouvelles révélations au sujet de sa société de conseil, 2F conseil, créée en 2012. L'hebdomadaire reconnaît que ces informations ne démentent pas les propos de François Fillon, mais parle de «demi-mensonge» ou «demi-vérité».

«Les insinuations du Canard Enchaîné sur le contrat de 2F Conseil avec la société FPI sont dénuées de tout fondement», a réagi de son côté auprès de l'AFP l'entourage de M. Fillon. «Ni François Fillon, ni 2F Conseil n'ont été associés aux suites éventuelles de cette rencontre» en marge du forum de Saint-Pétersbourg, a-t-on ajouté.

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