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MédecineL'EPFL développe un détecteur de cancer dans l'haleine

L'EPFL met en place un dispositif capable de repérer dans le souffle la présence d'un cancer de la gorge par exemple.

Les cellules cancéreuses produisent des substances différentes par rapport aux cellules saines.

Les cellules cancéreuses produisent des substances différentes par rapport aux cellules saines.

EPFL

Un appareil portable permet de détecter la présence de certains cancers dans l'haleine. Testé sur des patients au CHUV de Lausanne, le nouveau dispositif a été développé en partie par des chercheurs de l'EPFL, dans le cadre d'une collaboration internationale, a-t-on appris le vendredi 10 avril.

Il n'existe actuellement que très peu d'examens de routine pour détecter le cancer. Or cette maladie est la troisième cause de décès dans le monde. Dans leur majorité, les tumeurs sont repérées relativement tard, ce qui rend la guérison plus difficile.

Une technologie développée en partie à l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) pourrait changer la donne. Elle permet de repérer rapidement dans l'haleine la présence d'un cancer de la gorge ou de la bouche, par exemple. Ce nouvel outil fonctionne aussi bien avec un ordinateur qu'un téléphone portable.

Les chercheurs du Laboratoire de capteurs, actuateurs et microsystèmes (SAMLAB) de l'EPFL, dirigé par Nico de Rooij à Neuchâtel, ont développé des micro-capteurs qui permettent de différencier une haleine de patient sain de celle d'un patient malade. Le souffle humain contient en effet des centaines de composés organiques volatiles (COVs), dont la présence et la concentration changent selon l'état de santé.

«Signature» dans le souffle

Les cellules cancéreuses ont un métabolisme distinct par rapport aux cellules saines et elles produisent des substances différentes, tant en termes de quantité que de typologie. Elles laissent de ce fait une «signature» dans le souffle humain.

Les chercheurs sont parvenus à détecter ces nuances grâce à un réseau de micro-capteurs dits «de tension de surface» capables d'identifier le gaz et sa concentration. L'astuce consiste à utiliser des polymères différents sur chaque capteur, afin d'obtenir une vue d'ensemble de la composition du gaz.

«Il existe déjà sur le marché des méthodes de détection des molécules appelées 'nez électroniques', mais il leur est très difficile d'analyser des gaz très complexes, tels que l'haleine», explique Nico de Rooij, cité vendredi dans un communiqué de l'EPFL. «L'humidité, notamment, peut perturber la mesure, ce qui résulte en des faux-positifs, ou des faux-négatifs».

Tests cliniques sur patients

Avec la collaboration du Swiss Nanoscience Institute de l'Université de Bâle, les chercheurs de l'EPFL ont pu tester leur dispositif sur des patients du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) malades ou ayant subi un traitement chirurgical de leur cancer de la gorge. Les résultats de ces tests ont démontré que les capteurs étaient d'une efficacité redoutable.

De quoi susciter l'intérêt d'une entreprise neuchâteloise pour la commercialisation de cette technologie, qui est d'ores et déjà brevetée. Les applications sont multiples: récemment, un autre partenaire du projet, le centre de recherche NIMS/MANA au Japon, a présenté un prototype où les capteurs sont connectés à des téléphones portables. Cette innovation leur a valu une récompense lors du Nanotech 2015 Event.

Applications en biologie

La technologie intéresse également les biologistes. A l'Université de Neuchâtel, des tests sont actuellement menés par le Laboratoire pour la recherche fondamentale et appliquée en écologie chimique, afin d'analyser les gaz émis par les plantes lorsqu'elles sont attaquées par certains insectes ou champignons.

Le fait de détecter ce phénomène assez tôt pourrait permettre aux agriculteurs de réagir plus promptement lors d'une attaque, et ainsi utiliser une quantité moindre d'insecticides, par exemple.

(ats)

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