28.12.2018 à 10:51

ÉlevageL'érable ne décime pas les chevaux

Un regain de poulains de race Franches-Montagnes est constaté en Suisse, en dépit d'un mal sournois: les samares qui tombent des arbres.

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Vincent Donzé
Les graines de l'érable sont dangereuses pour les chevaux: elles transmettent la myopathie atypique, une maladie musculaire foudroyante.

Les graines de l'érable sont dangereuses pour les chevaux: elles transmettent la myopathie atypique, une maladie musculaire foudroyante.

Keystone

Le 19 novembre dernier, dans une ferme des Genevez, un éleveur de chevaux était en larmes: il venait de perdre un poulain et un vétérinaire tentait d'en sauver un deuxième, amorphe sur ses pattes dans le box partagé avec sa mère. En cause: la graine de l'érable.

Les samares ravissent les enfants qui les lancent en l'air pour les voir retomber comme des hélicoptères. Mais ces graines sont dangereuses pour les chevaux: elles transmettent la myopathie atypique, une maladie musculaire foudroyante liée à l’ingestion d’une toxine, l’hypoglycine A.

Pas fréquent

L'érable sycomore contrarie-t-il l'élevage des chevaux Franches-Montagnes? «Non! Le cas mentionné est dramatique, mais pas fréquent», indique Bernard Beuret, ancien président de la Fédération suisse des éleveurs de Franches-Montagnes, qui veut faire inscrire le paysage de son district au patrimoine mondial de l'Unesco.

«L'érable sycomore n'est pas présent naturellement aux Franches-Montagnes: ce feuillu a été planté dans un pays de sapins», reprend Bernard Beuret. Cet arbre est présent dans les pâturage qui servent à produire du foin: «Les moissonneuses ne ramassent pas ces graines tombés sur le sol», précise Bernard Beuret. La tradition veut qu'à l'heure des regains, on lâche les chevaux au lieu de faucher.

En pâture

Les samares sont dangereux à l'arrière automne, comme le sont aussi certains champignons devenus toxiques, quand les chevaux sont en pâture. Mais selon l'ancien représentant de la race, ils ne mettent par l'élevage en péril.

La preuve avec les chiffres articulés aujourd'hui dans «Le Quotidien Jurassien» par Jean-Paul Gschwind, président de la Fédération suisse du Franches-Montagnes: 1927 poulains ont été recensés cette année en Suisse, contre 1866 une année auparavant.

Limité la casse

On en dénombrait 3000 en 2005, mais l'offre était alors supérieure à la demande», commente Bernard Beuret. Dans le Jura, la distorsion est moins forte qu'au niveau national: «Les effectifs suisses ont diminué de moitié en Suisse, alors que le Jura a limité la casse», nuance ce spécialiste. Dans le même temps, le demi-sang a fortement régressé.

L'objectif, c'est de vendre 10'000 francs un cheval de 3 1/2 à 4 ans, alors que l'armée vient d'en acheter une trentaine à 7'500 francs.

Deux tiers

Deux tiers des chevaux sont vendus en Suisse et à l'étranger, la France, l'Allemagne et la Belgique sont les trois principaux marchés.

Les éleveurs de Franches-Montagnes ont-ils le sourire? «Leur passion est intact: c'est un facteur déterminant pour le maintien de la race. La passion, la tradition et une politique de soutien efficace», conclut Bernard Beuret.

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