23.07.2012 à 17:46

L'Espagne et la Grèce affolent à nouveau les marchés

Crise de la dette

Les Bourses européennes ont à nouveau décroché lundi, les investisseurs s'inquiétant de la situation financière de l'Espagne et de la Grèce.

Le ministre espagnol de l'Economie, Luis de Guindos, a de nouveau écarté lundi un plan de sauvetage pour le pays.

Le ministre espagnol de l'Economie, Luis de Guindos, a de nouveau écarté lundi un plan de sauvetage pour le pays.

Keystone

La chute a été si forte que Milan et Madrid, particulièrement touchées, ont interdit dans l'après-midi les ventes à découvert de certains titres.

Milan a limité cette mesure aux valeurs financières (banques, assurances), mais Madrid l'a étendue à toutes les actions. Cette mesure a permis de calmer quelque peu la situation. A la clôture, la Bourse madrilène limitait son recul à -1,1%, alors qu'elle avait chuté de plus de 5% en cours de séance. Idem à Milan, où après une chute de 5%, la Bourse cédait 2,76%.

Les ventes à découvert sont un mécanisme spéculatif qui consiste à emprunter un actif dont on pense que le prix va baisser et à le vendre, avec l'espoir d'empocher une forte différence au moment où il faudra le racheter pour le rendre au prêteur.

Pendant ce temps, Athènes dégringolait de 7,1%, alors que Paris chutait de 2,89%, Francfort de 3,18% et Londres de 2,09%. Les Bourses européennes ont entraîné l'euro dans leur chute, dont le cours est descendu jusqu'à 1,2067 dollars en matinée, son plus faible niveau depuis juin 2010.

Flambée des taux obligataires espagnols

La situation de l'Espagne est au coeur des préoccupations des investisseurs qui craignent que la quatrième économie de la zone euro soit dans l'obligation de demander une aide financière globale et non plus seulement pour ses banques, même si le ministre espagnol de l'Economie, Luis de Guindos, a de nouveau écarté lundi un plan de sauvetage pour le pays.

La Communauté de Murcie est en effet devenue dimanche la deuxième région d'Espagne à demander une aide financière au gouvernement central, après celle de Valence vendredi. De surcroît, la Banque d'Espagne a annoncé lundi une aggravation du recul du Produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre (-0,4%), après -0,3% au premier trimestre, éloignant la perspective d'une sortie du pays de la récession.

Ces tensions ont provoqué une nouvelle flambée des taux obligataires espagnols, le rendement de l'emprunt d'Etat à 10 ans ayant atteint un plus haut jamais atteint depuis la création de la zone euro à 7,59%. Ces taux sont jugés insoutenables sur la durée pour l'Espagne.

Soutien à la Grèce

Les marchés s'interrogent aussi sur le soutien des Européens à la Grèce, à la suite notamment d'informations publiées dimanche dans la presse allemande. Le porte-parole du gouvernement allemand ne s'est guère montré rassurant lundi, évoquant le scepticisme de Berlin quant aux chances de voir la Grèce sortir enfin de l'ornière où elle ne cesse de s'enfoncer depuis près de trois ans.

Le gouvernement grec rencontre cette semaine une délégation des trois institutions créancières du pays, Union Européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international (FMI) pour discuter des réformes nécessaires au maintien de leur aide.

Pas de nouveau sommet en vue

Le chef du gouvernement italien, Mario Monti, a indiqué de son côté qu'il ne voyait aucune raison d'organiser d'urgence un nouveau sommet sur la crise de la zone euro, en dépit des nouvelles craintes des marchés. Lors du dernier sommet des dirigeants de la zone euro les 28 et 29 juin, des mesures efficaces ont été prises, selon lui.

Les dirigeants de la zone euro sont parvenus le 29 juin à un accord surprise portant entre autres sur la possibilité de recapitaliser directement les banques via les fonds de secours européens, le FESF et le MES, provoquant une détente des taux d'intérêts de l'Italie et de l'Espagne, principaux bénéficiaires des mesures adoptées.

(ats/afp/Reuters)

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