15.03.2015 à 11:34

PacifiqueL'état d'urgence décrété après le passage du cyclone

Le bureau national des catastrophes a confirmé qu'au moins six habitants avaient été tués par le cyclone.

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Cinq jours après le passage du cyclone Pam, Vanuatu reste coupé du monde. (18 mars 2015)

Cinq jours après le passage du cyclone Pam, Vanuatu reste coupé du monde. (18 mars 2015)

Keystone
L'aide humanitaire commence à arriver à Vanuatu mais les associations d'aide internationale font face à un casse-tête logistique pour desservir l'archipel aux 80 îles, l'un des pays les plus pauvres de la planète. (18 mars 2015)

L'aide humanitaire commence à arriver à Vanuatu mais les associations d'aide internationale font face à un casse-tête logistique pour desservir l'archipel aux 80 îles, l'un des pays les plus pauvres de la planète. (18 mars 2015)

Reuters
A Tanna, près de 70% des logements ont été détruits par e cyclone. (18 mars 2015)

A Tanna, près de 70% des logements ont été détruits par e cyclone. (18 mars 2015)

Reuters

Le Vanuatu a décrété l'état d'urgence dimanche après le passage dévastateur du cyclone Pam sur l'archipel du Pacifique Sud, où des villages entiers ont été rasés. Jusqu'à 90% des habitations de la capitale Port Vila ont été endommagées. C'est l'un des pires désastres météorologiques jamais survenu dans la région.

Le Bureau national des catastrophes a confirmé que six habitants avaient été tués par le cyclone alors que l'ONU avait fait état de la mort non confirmée de 44 personnes dans cet archipel aux 80 îles, l'un des pays les plus pauvres du monde.

Les autorités tentent d'évaluer l'ampleur des dégâts tandis que le bilan humain était impossible à déterminer précisément, 48 heures après le passage de Pam, un cyclone de catégorie 5 - la plus élevée - avec des rafales dépassant 300 km/h.

Les six victimes ont toutes été tuées à Port Vila, la capitale de l'ancien condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides. Le Bureau des catastrophes a dit s'attendre à une aggravation du bilan. Des témoins ont parlé de vagues de huit mètres de haut, qui, conjuguées aux fortes pluies, ont provoqué des inondations.

Communautés emportées

«Cela sera vraisemblablement l'une des pires catastrophes jamais vues dans le Pacifique. L'ampleur des besoins humanitaires sera énorme», a néanmoins souligné le directeur d'Oxfam pour le Vanuatu, Colin Collet van Rooyen. «Des communautés entières ont été emportées», a-t-il dit.

Le directeur pour le Vanuatu de l'ONG Save the Children, Tom Skirrow, a décrit le spectacle «d'une dévastation totale». «Les maisons sont détruites, les arbres sont tombés, les routes sont bloquées et les gens errent dans les rues, cherchant de l'aide», a-t-il raconté.

«Nous voyons des maisons et des villages entiers qui ont été entièrement emportés», a ajouté Chloe Morrison, porte-parole de l'ONG World Vision, qui se trouvait à Port Vila.

Des témoins ont parlé de vagues de huit mètres de haut, qui, conjuguées aux fortes pluies, ont provoqué des inondations. La capitale, jonchée de débris, offre un spectacle de désolation, comme si une énorme bombe avait explosé au milieu de la ville.

Ni eau ni électricité

Des milliers d'habitants se retrouvent sans abri. Certains ont afflué vers des centres d'hébergement provisoire, d'autres restent hébétés au milieu des ruines de leur maison.

«Les gens n'ont pas d'eau, pas d'électricité; la situation est désespérée actuellement», a décrit Alice Clements. «Les gens ramassent les fruits qui sont tombés à terre, puis ils passeront aux racines et après cela, ils n'auront plus rien».

Le président Baldwin Lonsdale, qui se trouvait au Japon pour une conférence sur les risques naturels au moment du passage du cyclone, a appelé le monde à «tendre sa main» au Vanuatu. Il devait tenter de rentrer dans son pays de 270'000 habitants ce dimanche.

Plusieurs pays, dont la France, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la Grande-Bretagne, ont proposé leur aide. La configuration de l'archipel, composé de 83 îles, pourrait toutefois entraver le déploiement des secours.

Pam vers la Nouvelle-Zélande

L'ONU doit dépêcher sur place dimanche une équipe de neuf membres chargée d'effectuer une première évaluation des dégâts après le passage de ce cyclone de catégorie 5, le niveau maximal. A son paroxysme, Pam a recouvert entièrement l'archipel sur les images de satellite tout en le balayant avec des rafales de vent supérieures à 300 km/h.

Le cyclone s'éloignait vers le sud dimanche. Les alertes cycloniques ont été levées en Nouvelle-Calédonie, pour laquelle, selon Météo France, Pam ne représente plus une menace.

«Il se déplace vers le sud sud-est à environ 50 km/h, ce qui l'éloigne rapidement de la Nouvelle-Calédonie», écrit l'agence météorologique française. «Pam est encore classée en catégorie 4, mais continue de s'affaiblir. (...) (Elle) génère des vents moyens estimés à 200 km/h (rafales à 280 km/h) près de son centre.»

La Nouvelle-Zélande s'apprête à en subir les effets à son tour. Les autorités néo-zélandaises ont invité la population à se préparer à des vents violents, à de fortes pluies et à une mer agitée.

(ats)

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