Suisse: L'Etat doit mieux soutenir les médias privés
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SuisseL'Etat doit mieux soutenir les médias privés

Une étude préconise un programme d'infrastructure «de toute urgence» et la modification du système de financement actuel.

Les auteurs de l'étude suisse proposent de s'inspirer du modèle scandinave de financement étatique.

Les auteurs de l'étude suisse proposent de s'inspirer du modèle scandinave de financement étatique.

Keystone

Au vu de la mutation dans le domaine des médias, l'Etat doit financièrement leur tendre la main. C'est ce que conseille le centre d'évaluation des choix technologiques (TA-Swiss). Il ne voit en revanche aucun problème dans l'interdiction publicitaire faite à la SSR.

Les médias indépendants apportent une contribution importante à la formation de l'opinion. Ils sont indispensables à la démocratie, selon l'étude présentée lundi par TA-Swiss. Même si le journalisme est important pour la démocratie, les maisons d'édition glissent rapidement vers les difficultés financières.

Les auteurs de l'étude doutent que les entreprises soient en mesure de mettre à disposition des ressources suffisantes pour un journalisme varié et indépendant à l'avenir. Pour assurer cette condition, il faut instaurer un programme d'infrastructure «de toute urgence».

Une attente passive mènera à d'autres mesures d'économies et à des processus de concentration, selon les auteurs. Les médias sont plus qu'un bien économique. La politique médiatique ne doit pas être justifiée qu'économiquement. Le but est d'obtenir un système médiatique à la hauteur de la démocratie suisse.

Soutien direct

L'étude propose de modifier le système de financement actuel. Le gouvernement offre une aide indirecte de 30 millions de francs à la presse. Au lieu de ce financement jugé inefficace, les médias privés devraient bénéficier directement de mesures d'encouragement de l'Etat, estime TA-Swiss.

Les pays scandinaves ont un instrument de financement étatique qui fonctionne sans influencer les décisions rédactionnelles. Les auteurs proposent de s'en inspirer.

Les entreprises avec des modèles de propriété alternatifs devraient aussi être promues par l'Etat et bénéficier d'allègements fiscaux. Les auteurs de l'étude pensent notamment aux start-up ou aux entreprises, dont des fondations ou des employés sont copropriétaires.

Interdiction publicitaire envisageable

Dans le cas des médias de service public, la SSR doit continuer à être financée par la redevance. Pour atteindre un jeune public, elle doit toutefois pouvoir présenter une offre attrayante en ligne également et proposer des produits vidéo et audio innovants, selon l'étude.

Aussi longtemps que les initiatives politiques pour éliminer ou réduire la taxe pour la radio et la télévision échouent, les auteurs estiment qu'une renonciation à la publicité et au sponsoring est envisageable.

Dialogue avec les utilisateurs

La branche des médias et les citoyens sont également mis à contribution, retient l'étude. Les maisons d'édition doivent conserver leur indépendance rédactionnelle et travailler de manière transparente.

De plus, les médias devraient dialoguer plus souvent avec le public. Et employer les nouvelles formes de journalisme qui permettent une interaction avec le public via les réseaux sociaux, et les fonctions de commentaire.

Pour les auteurs, ce n'est pas un problème si les journalistes rapportent des faits qui ne répondent pas toujours aux préoccupations de la population. Les thèmes qui intéressent les lecteurs sont bien représentés dans les médias. Mais une contextualisation des comportements sociétaux complexes manque.

Un groupe de chercheurs des universités de Fribourg, de Lausanne et de Zurich ont participé à la réalisation de l'étude. L'Office fédéral de la communication (OFCOM) a participé à son financement. La fondation TA-Swiss est un centre de compétence des académies des sciences Suisse.

(ats)

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