Actualisé 16.05.2019 à 16:17

PolémiqueL'Éternel ne bénira plus les trolleys biennois

C'est la fin des messages religieux sur les transports publics. À Bienne, les parlementaires ont compris la colère du PDC Mohamed Hamdaoui.

par
Vincent Donzé
Au cœur du problème: une publicité religieuse proclamant «Que l'Éternel te bénisse» diffusée par une association évangélique basée à Lyss (BE).

Au cœur du problème: une publicité religieuse proclamant «Que l'Éternel te bénisse» diffusée par une association évangélique basée à Lyss (BE).

Le Matin

Quand il était socialiste, le parlementaire Mohamed Hamdaoui s'était publiquement opposé à un message évangélique véhiculé sur la ligne 4 des Transports publics biennois, au nom de la laïcité. Message reçu 4 sur 5 par ses collègues de tous les partis, le parti évangélique excepté.

Le soutien est venu de l'extrême gauche à l'extrême droite, UDC compris. Un éventail qui soulage Mohamed Hamdaoui: «Ma démarche n'était pas celle d'un musulman qui s'en prend à la société chrétienne. Mon but: empêcher les extrémistes de profiter de notre état de droit.»

Agence C.

Au cœur du problème: une publicité religieuse proclamant «Que l'Éternel te bénisse», message diffusé par l’Agence C, une association évangélique basée à Lyss (BE). En dépit de la polémique, la pub roule toujours: les Tpb décident seuls, mais cette entreprise ne pourra pas ignorer la décision prise mercredi soir.

Avant le vote du Conseil de Ville, le Conseil municipal avait admis que certains citoyens pouvaient être «perturbés par un message biblique dans l'espace public». Mais avec l'acceptation du postulat intitulé «Pas de prosélytisme sur nos bus», c'est la fin des messages religieux et politiques sur les trolleybus, neutralité oblige.

Insulté et menacé

Pour Mohamed Hamdaoui, l'adhésion du Conseil de Ville à son coup de gueule est un juste retour des choses, lui qui a été insulté et menacé de mort suite à son intervention. Dépeint comme un islamiste par le Comité d’Egerkingen, Mohamed Hamdaoui a porté plainte pour diffamation et incitation à la haine.

Ce qui prévaut juridiquement, c'est une décision de principe du Tribunal fédéral prise en 2012 dans une affaire d’interdiction d’une publicité religieuse par les CFF en gare de Zurich.

Mais c'est sur le plan politique que la victoire de Mohamed Hamdaoui servira d'exemple: «Inutile d'attiser les tensions», dit-il, en rappelant qu'autoriser un message chrétien obligeait à en autoriser d'autres, au nom du respect de l'égalité des droits. «Pas sûr qu'un message coranique passerait sans faire de vagues», conclut-il.

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