L'affaire: L'étrange campagne de Pierre Maudet chez un boulanger

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L'affaireL'étrange campagne de Pierre Maudet chez un boulanger

Le conseiller d'Etat a retrouvé le sourire et tente de redorer son blason sur les réseaux sociaux. Hier il visitait une boulangerie, tout en faisant la promotion d'une page qui lui demande de rester. Léger malaise.

par
Eric Felley

Le conseiller d'Etat a surpris son monde hier sur Facebook en se montrant tout sourire en train de visiter la boulangerie d'Eric Emery, chocolat d'or genevois 2018, au Petit-Saconnex. En tenue de travail, Pierre Maudet roule un croissant dans la farine en compagnie du patron. Cette opération vise-t-elle à faire oublier ses ennuis avec la justice genevoise ? A voir les réactions qu'elle suscite, elle lui permet en tout cas de mesurer sa popularité.

Quelques 900 personnes ont réagi positivement à la publication. Certes, le passage dans une boulangerie ne pouvait lui éviter le commentaire de circonstance: «Quitte à être dans le pétrin...» Cependant, un ami relève le côté salutaire de ce nouveau job: «Rien de tel qu'une activité artistique pour se vider la tête». Un autre y voit peut-être «Une reconversion ?» Une autre le soutient: «On te sait pétri de qualités». Un tel enfin salue cette opération de communication: «Très bonne idée, créant un lien social immédiat avec les internautes et les autres, détendant du coup la tension politique étouffante». Parmi toutes ces félicitations, une note discordante toutefois: «Il en faudra plus que cela pour redonner la confiance qui s'est envolée...»

Un comité de soutien

Pierre Maudet semble vouloir retrouver une vie normale, alors que la justice n'a pas encore éclairci sa situation. Sur Facebook, il partage lui-même la page intitulée: «Pierre, reste Genève a besoin de toi». Environ un millier de personnes l'ont «likée». A partir de cette page on peut adhérer au «Comité de soutien Pierre Maudet», qui compte quelque 250 personnes.

«Promotion indécente»

Rares sont les gens qui interviennent pour défier Pierre Maudet dans le cadre de cette campagne sur Facebook. Le socialiste Roger Deneys s'y est risqué: «Dans les circonstances actuelles et en attendant les considérations de la justice, je trouve cette promotion actuelle sur les réseaux sociaux plutôt indécente. Un peu plus de pudeur ne ferait de mal à personne, sans compter que l'effet escompté me semble assez incertain.»

Aussitôt il est contredit par un internaute:«L'indécence n'est pas à trouver dans la communication de M. Pierre Maudet, l'indécence est de frapper quelqu'un à terre comme vous le faites.» Ainsi vont les discussions sur les réseaux sociaux, où l'on a rarement le dernier mot.

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