Suisse: L'Europe préoccupe economiesuisse
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SuisseL'Europe préoccupe economiesuisse

La journée de l'économie de ce vendredi a été l'occasion d'empoigner la question des relations entre la Suisse et l'Europe.

Le président d'economiesuisse, Heinz Karrer, en pleine intervention durant la journée de l'économie de ce vendredi. (26 août 2016)

Le président d'economiesuisse, Heinz Karrer, en pleine intervention durant la journée de l'économie de ce vendredi. (26 août 2016)

Keystone

Economiesuisse a empoigné la problématique des relations entre la Suisse et l'Europe à bras-le-corps, à l'occasion de la journée de l'économie vendredi. La mise en oeuvre de l'initiative contre l'immigration de masse a retenu toute l'attention.

«Notre pays est en plein dilemme» avec cette votation, a déclaré le président de la fédération des entreprises suisses, Heinz Karrer, à Berne devant un parterre de près de 500 invités. «Trente mois après l'acceptation de cette initiative, il n'y a toujours pas de solution valable pour sa mise en oeuvre», a-t-il poursuivi.

Selon lui, le Brexit complique encore la recherche, déjà difficile, d'une issue avec l'Union européenne (UE).

Invité à prendre part à l'événement, le secrétaire d'État, Jacques de Watteville, s'est voulu rassurant. «Certes, nous arrivons dans une phase délicate où les positions se durcissent mais une fenêtre d'opportunités s'ouvre», a précisé le négociateur en chef pour les relations avec l'UE.

Egalement convié à la manifestation, le président de la Confédération, Johann Schneider Ammann, croit lui en une solution pragmatique. Les négociations se poursuivent. Et le responsable du Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche (DEFR) va rencontrer, le 19 septembre prochain, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

L'objectif est toujours d'arriver à une issue d'ici février 2017, afin de respecter les délais fixés par la Constitution. Quant à l'initiative Rasa («Sortons de l'impasse»), le Conseil fédéral décidera en octobre d'y apposer ou non un contre-projet.

Voie bilatérale à renforcer

Jacques de Watteville a également évoqué la nécessité de consolider la voie bilatérale. Avis partagé par Heinz Karrer: «Les accords bilatéraux ont un impact positif sur la croissance économique». Sans eux, le produit intérieur brut (PIB) du pays par habitant serait inférieur de 5,7%, ce qui représente 4400 francs de moins par an et par personne environ, calcule l'organisation qui a mené une étude sur le sujet.

Si de tels accords disparaissaient, l'ensemble de nos échanges avec l'Europe serait menacé, selon la faîtière de l'économie. Or l'UE représente deux tiers de nos relations commerciales, précise Jacques de Watteville, qui a aussi insisté sur la nécessité de conserver l'accès au marché intérieur européen.

S'exprimant sur le Brexit, le président de la fédération des entreprises suisses a appelé à entamer rapidement les discussions avec la Grande-Bretagne. «Ce pays est un partenaire commercial important», a-t-il martelé.

«Oser la nouveauté»

Heinz Karrer a également exhorté les entrepreneurs à plus s'engager lorsqu'un projet politique les affecte ou pourrait les affecter. A ce niveau, la faîtière a rappelé son soutien à la réforme de l'imposition des entreprises III. «Un échec aurait des conséquences économiques graves et provoquerait des pertes fiscales importantes. Le montant de 5,3 milliards de francs des recettes de l'impôt sur le bénéfice serait menacé», soutient l'organisation.

Le président d'economiesuisse a aussi appelé à ne pas se reposer sur nos lauriers. Certes,«la Suisse domine le classement des économies les plus innovantes. Le dernier rapport de la Commission européenne affirme toutefois aussi que la capacité d'innovation de notre pays a progressé nettement plus lentement que celle de l'UE», a-t-il expliqué. Selon lui, il faut «oser la nouveauté sans relâche» et encourager l'esprit d'entreprise.

Séduire les jeunes

La Suisse a également besoin d'investissements dans la formation, aux yeux d'economiesuisse. A ce sujet, Lino Guzzella, président de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), a souligné l'importance de restaurer l'association pleine et entière de la Suisse au programme de recherche européen Horizon 2020.

Cette journée de l'économie a aussi donné lieu à un débat sur l'initiative AVSplus mené par cinq étudiants du gymnase de Kirchenfeld (BE). Cette action s'inscrit dans le cadre de la volonté de la faîtière d'aller à la rencontre de la population et des jeunes plus particulièrement. Une table ronde sur la mise en oeuvre de l'immigration de masse a aussi été organisée.

La fédération des entreprises helvétiques a enfin profité de cet événement pour élire huit nouveaux membres au sein de son comité. Elle a aussi accepté l'adhésion de la firme genevoise MSC Group. La société de transport maritime compte 800 collaborateurs en Suisse et 60'000 à l'échelle mondiale.

(ats)

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