Crise migratoire: L'Europe se mobilise face à l'afflux de réfugiés
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Crise migratoireL'Europe se mobilise face à l'afflux de réfugiés

La Commission européenne va proposer de répartir entre les pays de l'UE 120'000 réfugiés sur les deux prochaines années pour répondre à l'afflux de migrants.

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Une embarcation bascule dans la mer au large des côtes libyennes. Le cliché a été pris par les gardes-côtes italiens. (Dimanche 29 mai 2016)

Une embarcation bascule dans la mer au large des côtes libyennes. Le cliché a été pris par les gardes-côtes italiens. (Dimanche 29 mai 2016)

Marina Militare, Reuters
Un homme enroulé dans une couverture sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 15 avril 2015. Le pape François et le patriarche de Constantinople Bartholomée se sont rendus sur l'île le 16. (Vendredi 15 avril 2016).

Un homme enroulé dans une couverture sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 15 avril 2015. Le pape François et le patriarche de Constantinople Bartholomée se sont rendus sur l'île le 16. (Vendredi 15 avril 2016).

Keystone
Athènes a commencé jeudi à évacuer du port du Pirée des centaines de migrants. (Jeudi 31 mars 2016)

Athènes a commencé jeudi à évacuer du port du Pirée des centaines de migrants. (Jeudi 31 mars 2016)

Keystone

L'Europe, très critiquée, se mobilise face à la pire crise migratoire de son histoire récente.

Face à «l'ampleur de la crise et à la souffrance du peuple syrien», le Premier ministre britannique David Cameron a annoncé que son pays était prêt à accueillir «20'000» réfugiés syriens au cours des cinq prochaines années.

La France, elle, a dit accepter d'accueillir 24'000 réfugiés sur deux ans, dans le cadre d'un plan de répartition de l'Union européenne. Sans politique d'ensemble, ce sera «la fin de (l'espace de libre-circulation) Schengen», a averti le président François Hollande qui souhaite aussi une conférence internationale sur la crise migratoire.

Un «coordinateur national», le préfet Kléber Arhoul, sera chargé d'organiser l'accueil des migrants par les différentes villes et collectivités locales qui se sont dites disponibles ces derniers jours, selon le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Federica Mogherini, qui dirige la diplomatie européenne, a salué la décision de la France, appelant tous les membres de l'UE à agir «avec le même courage» pour faire face à la crise des migrants.

«Un changement»

«Ce que nous vivons est quelque chose qui va (...) nous changer, et nous voulons que le changement soit positif et nous pensons que nous pouvons y arriver», a souligné la chancelière Angela Merkel à Berlin. Elle a détaillé un programme fédéral de six milliards d'euros pour 2016 visant à améliorer la prise en charge et l'intégration des migrants.

La dirigeante conservatrice a souligné que la facture pourrait atteindre un total de dix milliards d'euros l'année prochaine, en additionnant les dépenses de l'Etat fédéral et celles des régions et des communes. Son pays estimait à au moins 10'000 le nombre des nouvelles arrivées prévues ce lundi.

Quotas d'accueil

De leur côté, la Commission européenne et son président Jean-Claude Juncker vont proposer mercredi de répartir entre pays de l'UE 120'000 réfugiés sur les deux prochaines années pour répondre à l'afflux de migrants. Cette proposition va s'ajouter à la réinstallation de 40'000 migrants annoncée en mai.

Ces quotas d'accueil voient l'Allemagne en première position (26,2%, 31'443 réfugiés), suivie de la France (20%, 24'031) et de l'Espagne (12,4%, 14'931), selon une source européenne.

La crise liée à l'afflux de migrants en Europe est le début d'un «exode» qui risque de durer des années, a averti lundi le président du Conseil européen Donald Tusk.

Pas d'unanimité

Le commissaire européen aux Migrations et aux Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos, a souligné qu'il comptait sur les Vingt-Huit pour soutenir les propositions de l'exécutif européen.

Le principe des quotas est toutefois loin de faire l'unanimité, notamment en Europe de l'Est. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a d'ores et déjà jugé prématuré de débattre de la répartition tant que l'afflux de migrants ne serait pas sous contrôle. Des centaines d'entre eux marchaient d'ailleurs à contresens sur une autoroute hongroise en direction de Budapest, après avoir forcé un cordon policier près d'un centre d'accueil pour réfugiés.

Dans ce contexte, Mme Merkel a une fois de plus appelé ses partenaires européens à agir. «Le temps presse pour trouver une solution», a-t-elle martelé. Le chef de la diplomatie espagnole, Jose Manuel Garcia Margallo, a pour sa part jugé que la crise risque de «ternir l'image de l'Europe».

La Grèce sous pression

En Méditerranée, la pression migratoire ne cesse de croître. Ainsi «entre 15'000 à 17'000 réfugiés» se pressent actuellement sur l'île grecque de Lesbos, porte d'entrée vers l'Europe où la situation est «au bord de l'explosion», selon le ministre grec à la Politique migratoire, Iannis Mouzalas. Au total, 2600 réfugiés et migrants ont été recueillis en mer par les garde-côtes grecs entre vendredi et lundi matin.

Les gardes-côtes libyens ont pour leur part annoncé lundi avoir secouru plus de 100 migrants à bord d'un canot pneumatique en difficulté au large de la Libye alors qu'ils tentaient de rejoindre les côtes européennes.

La marine italienne a débarqué en Sicile 60 corps de migrants retrouvés auprès de l'épave du chalutier dont le naufrage avait fait quelque 800 morts en avril.

La police turque a elle arrêté un nouveau passeur présumé après le naufrage à l'origine de la mort au large des côtes de la Turquie du petit Aylan, qui a ému le monde entier, selon l'agence de presse Anatolie.

Des réfugiés au Québec

Le Québec va accueiller 3650 réfugiés syriens d'ici à la fin de l'année. Il demande l'appui du gouvernement fédéral canadien pour en faciliter les démarches administratives, a annoncé lundi la ministre québécoise de l'Immigration, Kathleen Weil.

Plusieurs gouvernements provinciaux et des maires de grandes villes canadiennes, comme John Tory à Toronto ou Denis Coderre à Montréal, avaient appelé la semaine dernière le gouvernement fédéral à en faire beaucoup plus face à la crise des migrants en Méditerranée.

(ats)

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