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ProcèsL'évadé du Bois-Mermet a agi «sans peur et sans scrupules»

Le procès par défaut d'un des évadés de la prison lausannoise du Bois-Mermet s'est ouvert mardi à Yverdon-les-Bains.

La prison du Bois-Mermet.

La prison du Bois-Mermet.

Keystone

Le Ministère public a requis cinq ans de prison à l'encontre de ce Serbe de 45 ans, membre présumé des Pinks Panthers, gang de braqueurs de bijouteries.

L'homme, déjà condamné en France à huit ans de prison puis extradé en Suisse en 2012, s'est évadé le 14 mai dernier du Bois-Mermet, en compagnie de quatre autres détenus. Il est toujours en fuite.

En Suisse, le malfrat est accusé d'avoir participé au cambriolage du musée de la Fondation Espace Horloger au Sentier (VD), dérobant pour un demi-million de francs de montres. Le butin n'a pas été retrouvé.

Septante montres dérobées

Le 16 février 2006, vers 14 heures, trois hommes ont cambriolé la Fondation horlogère pendant qu'un complice restait au volant d'un véhicule, prêt à démarrer. L'un d'entre eux a violemment bousculé, ceinturé et mis à terre la réceptionniste de l'établissement, avant de la ligoter.

Les trois hommes ont rapidement brisé et forcé une douzaine de vitrines d'expositions et ont mis la main sur une septantaine de montres de collection et de luxe ainsi que sur quelques pièces de bijouterie. A l'arrivée du conservateur du musée, ils se sont rapidement enfuis.

Selon l'accusation, plusieurs preuves, dont des traces ADN retrouvées sur un bonnet abandonné au bord de la route, incriminent l'accusé. Durant l'enquête, l'homme a toujours nié avoir participé au cambriolage.

Affiliation supposée aux «Pink Panthers»

Selon le Ministère public, l'homme fait probablement partie des «Pink Panthers», une bande de criminels Serbes qui commettent des braquages en Europe et en Asie. En 2005, il a organisé l'attaque de la maison d'arrêts de Villefranche-sur-Saône, en France, pour faire évader le supposé chef de la bande.

Dans sa plaidoirie, le Parquet a souligné les antécédents de l'accusé, déjà condamné à quatre reprises en Hollande pour des vols et cambriolages. L'homme est un «vrai professionnel», qui agit «sans peur et sans scrupules», et dont l'évasion «signe la véritable carrure».

La peine requise par le Ministère public est complémentaire à la peine prononcée en France, et constitue selon lui la «seule réponse valable à ce genre de délinquance déterminée et organisée que rien n'arrête». La défense considère que l'implication de l'accusé dans le cambriolage n'est pas démontrée et qu'il a été extradé illégalement en Suisse. Le jugement sera rendu ultérieurement et envoyé par écrit aux parties.

(ats)

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