10.11.2015 à 10:23

L'ex-chancelier Helmut Schmidt au plus mal

Allemagne

Agé de 96 ans, l'état de santé de l'ancien dirigeant social-démocrate s'est sérieusement dégradé ce week-end, a indiqué mardi son médecin à un quotidien allemand.

Chancelier en 1974 après la démission de l'autre grande figure de la social-démocratie allemande, Willy Brandt, Helmut Schmidt avait été reconduit en 1976 et 1980.

Chancelier en 1974 après la démission de l'autre grande figure de la social-démocratie allemande, Willy Brandt, Helmut Schmidt avait été reconduit en 1976 et 1980.

Reuters

Hospitalisé en août pour une déshydratation et opéré en septembre pour un caillot de sang dans une jambe, Helmut Schmidt était depuis rentré chez lui, à Hambourg, où son état a empiré pendant le week-end.

«Actuellement, (il) n'est que très rarement conscient. Depuis samedi, son état s'est aggravé régulièrement et de façon dramatique», a expliqué le médecin personnel de l'ancien chancelier, Heiner Greten au quotidien Hamburger Abendblatt.

Interrogé sur la possibilité d'un rétablissement, le médecin s'est montré très pessimiste: «Non, malheureusement, je ne crois pas», a-t-il dit, évoquant une «situation exceptionnellement précaire». Fiévreux, il souffre d'une infection non définie et «n'a quasiment plus de résistance», a-t-il ajouté.

Selon le médecin, c'était «sa volonté et celle de sa famille de rester chez lui, dans un environnement familier». «Je ne crois pas que dans son cas, une hospitalisation serait une meilleure solution». Fumeur invétéré, équipé d'un pacemaker depuis 1981, Helmut Schmidt avait été victime d'un infarctus en 2012 et avait subi un pontage coronarien.

Européen convaincu

Chancelier en 1974 après la démission de l'autre grande figure de la social-démocratie allemande, Willy Brandt, Helmut Schmidt avait été reconduit en 1976 et 1980.

Inflexible face à la violence du groupe d'extrême-gauche «Fraction Armée rouge» (RAF), homme des réformes sociales et de la détente avec l'Est, le «chancelier de fer» avait été le premier à dénoncer le déploiement des fusées soviétiques SS-20, en 1977. Il avait également prôné celui des euromissiles de l'OTAN.

Européen convaincu, il avait critiqué la manière dont son successeur Helmut Kohl avait conduit l'unification de l'Allemagne. Helmut Schmidt a aussi été le «père», avec l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, du système monétaire européen (SME).

Retiré de la vie politique depuis plus de 30 ans, il contribuait encore récemment aux débats politiques et intellectuels de son pays, essaimant les petites phrases drôles ou piquantes. Auteur d'une trentaine d'ouvrages, il a été éditeur (1983) puis directeur (1985-1989) de «Die Zeit», l'un des plus prestigieux hebdomadaires allemands.

(ats)

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