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ITALIEL'ex-commandant du Concordia condamné à 16 ans de prison

Francesco Schettino, capitaine du Concordia dont le naufrage avait fait 32 morts il y a 3 ans au large de l'Italie, a été condamné à 16 ans de prison.

Francesco Schettino, ce mercredi 11 février.

Francesco Schettino, ce mercredi 11 février.

AFP

Francesco Schettino, l'ex-commandant du Concordia dont le naufrage avait fait 32 morts à proximité immédiate des côtes italiennes, a été condamné mercredi à 16 ans et un mois de prison par un tribunal italien, qui l'a toutefois laissé en liberté.

Celui que la presse italienne avait surnommé le «capitaine couard», parce qu'il avait déserté la passerelle de son paquebot en train de couler, a été reconnu coupable d'homicides et du naufrage par les juges du tribunal de Grosseto (Toscane) où son procès en première instance s'est ouvert en juillet 2013.

Le tribunal n'a toutefois pas ordonné l'incarcération immédiate de l'accusé, jugeant contrairement au parquet qu'il ne risquait pas de prendre la fuite. Son avocat, qui avait réclamé l'acquittement de son client, n'a pas indiqué dans l'immédiat si Francesco Schettino, 54 ans, comptait faire appel.

Schettino fond en larmes devant le tribunal

Plus tôt dans la journée, l'ex-commandant avait dénoncé la machination dont il estime avoir été victime dès les premières heures du drame.

«J'ai vécu trois ans dans un hachoir médiatique dont la violence, si elle n'est pas endurée, est difficile à comprendre», a-t-il déclaré, peu avant de fondre en larmes et d'interrompre son ultime déclaration devant le tribunal.

Le parquet, face à un «tsunami de preuves», selon l'expression d'un des procureurs, avait réclamé 26 ans de prison à son encontre. Ses avocats avaient quant à eux plaidé l'acquittement, affirmant que ce naufrage avait été un accident susceptible d'arriver à n'importe quel marin.

«Ma tête a été offerte»

Unique accusé dans ce procès, l'ex-commandant du Concordia estime que sa «tête a été offerte» pour «préserver des intérêts économiques» et que les «médias, pas tous, sont tombés dans le piège» en donnant une «image de ma personne ne correspondant pas à la réalité».

La presse et l'accusation ont fait «retomber toutes les responsabilités sur moi, sans respect pour la vérité ni pour la mémoire des victimes», a-t-il encore dit.

Le réquisitoire du parquet avait été particulièrement sévère et Francesco Schettino avait même été qualifié d«'idiot» par l'un des procureurs, Stefano Pizza. Une «offense» à l'égard d'un homme qui a pris les décisions qu'il fallait, avait rétorqué en début de semaine Me Domenico Pepe, un des avocats de l'accusé.

«45 minutes pour décider de la vie de 4500 personnes»

Me Pepe avait en particulier réfuté l'idée que l'ex-commandant ait ordonné trop tard l'évacuation du paquebot, assurant qu'il avait au contraire agi en marin expérimenté parce qu'il avait compris que le vent et les courants conduisaient le bâtiment vers la côte, où l'évacuation serait plus rapide et plus sûre.

«Schettino a eu 45 minutes pour décider de la vie de 4500 personnes» et sa décision a permis de sauver la très grande majorité d'entre elles, avait plaidé l'avocat.

L'accusation considère pour sa part que l'ordre d'évacuation a été donné bien trop tard et que l'opération s'est ensuite faite dans l'improvisation.

L'Italie choquée par sa décision de quitter le navire

Au cours d'un interrogatoire serré début décembre, Francesco Schettino avait relativisé sa responsabilité, s'efforçant d'apparaître comme un commandant mal informé par son équipage.

Mais c'est surtout sa décision de quitter le paquebot, alors que des centaines de passagers s'y trouvaient encore, qui a particulièrement choqué en Italie et au-delà. Lui a affirmé avoir fait une chute dans une chaloupe sous l'effet de la gravité, au moment où le navire, échoué sur les rochers, s'inclinait soudainement.

Le Concordia, qui naviguait trop près de la côte de l'île de Giglio, a heurté un rocher dans la nuit du 14 janvier 2012. Son épave en partie immergée a ensuite été renflouée et transportée en juillet 2014 jusqu'au port de Gênes pour y être démantelée.

(AFP)

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