09.03.2020 à 03:54

L'ex-Premier ministre écossais devant la justice

Agressions sexuelles

À partir de lundi, Alex Salmond va être jugé pour des agressions sexuelles contre dix femmes, dont deux tentatives de viols.

Alex Salmond a été Premier ministre de l'Écosse de 2007 à 2014. (Photo d'archives)

Alex Salmond a été Premier ministre de l'Écosse de 2007 à 2014. (Photo d'archives)

AFP

Ténor de la cause indépendantiste écossaise devenu politicien déchu, l'ex-Premier ministre écossais Alex Salmond est jugé à partir de lundi pour des agressions sexuelles contre dix femmes, dont deux tentatives de viol, qu'il dément avec véhémence.

Chef du gouvernement écossais de 2007 à 2014, l'ex-homme politique de 65 ans avait plaidé non coupable lors d'une audience préliminaire en novembre. Il avait juré de se défendre «vigoureusement» durant son procès, prévu pour durer quatre semaines devant la Haute cour d'Édimbourg.

Le procès doit entrer immédiatement dans le vif du sujet après la formation du jury. Mais en vertu des règles judiciaires en vigueur, les victimes ne peuvent être identifiées par les médias. L'ancien leader, qui avait conduit l'Écosse au seuil de l'indépendance, doit répondre de 14 chefs d'inculpation, des agressions sexuelles et des attentats à la pudeur qui auraient été commis entre juin 2008 et novembre 2014.

Cela va du baiser forcé aux attouchements, jusqu'à une «intention de violer» et une tentative de viol dans sa résidence officielle pendant la campagne du référendum sur l'indépendance de l'Écosse en 2014. Alex Salmond avait alors, selon l'accusation, embrassé de force une femme avant de la pousser contre un mur, d'essayer d'arracher ses vêtements et de se mettre nu lui-même, puis il avait essayé de la violer sur un lit.

«Ami et mentor»

«Je suis innocent de tout crime ou délit, quel qu'il soit», avait-il déclaré devant un tribunal écossais après son inculpation en janvier 2019. Il avait été arrêté puis libéré sous caution. «Je vais me défendre jusqu'au bout devant les tribunaux», avait ajouté celui qui fut également député au Parlement britannique de Londres.

Quelques mois avant son inculpation, l'ex-responsable politique au visage rond et à l'air bonhomme avait quitté en août 2018 le SNP, parti nationaliste au pouvoir en Écosse, afin de ne pas porter préjudice à une formation dont il était membre de longue date.

Nicola Sturgeon, la «First Minister» actuelle, qui lui a succédé à la tête du gouvernement écossais et du SNP, avait alors exprimé son «énorme tristesse» de voir partir son «ami et mentor pendant trois décennies». Elle avait ajouté que les plaintes à son encontre ne pouvaient pas être «mises sous le tapis». Après une enquête interne, c'est le gouvernement écossais qui avait rapporté les accusations à la police.

Ancien fonctionnaire et économiste de la Bank of Scotland, Alex Salmond avait pris en 1990 les rênes du Scottish National Party, formation très hétérogène qu'il a contribué à recentrer. Il en avait claqué la porte en 2000 après un revers électoral, avant de revenir à sa tête quatre ans plus tard.

En 2011, sous sa direction, le SNP avait raflé la majorité absolue au Parlement écossais de Holyrood, lui laissant espérer que l'indépendance de l'Écosse était à portée de main. Le «non» l'avait finalement emporté lors du référendum sur l'indépendance de septembre 2014, provoquant quelques semaines plus tard la démission d'Alex Salmond de son poste de Premier ministre.

(AFP)

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