09.08.2020 à 07:17

BeyrouthL'explosion a engendré un cratère de 43 mètres de profondeur

La déflagration survenue mardi est comparable à un séisme de 3,3 sur l'échelle de Richter. Elle a fait plus de 150 morts et 6000 blessés.

On voit parfaitement le cratère causé par l’explosion.

On voit parfaitement le cratère causé par l’explosion.

AFP

L'énorme explosion au port de Beyrouth a engendré un cratère de 43 mètres de profondeur, a indiqué dimanche une source sécuritaire libanaise, citant des évaluations effectuées par des experts français en pyrotechnie dépêchés sur le terrain.

La déflagration survenue mardi a fait plus de 150 morts et 6000 blessés, alors que des dizaines de personnes sont toujours portées disparues. Elle a été provoquée par l'explosion d'un entrepôt où étaient stockées selon le Premier ministre libanais Hassan Diab 2750 tonnes de nitrate d'ammonium depuis six ans «sans mesures de précaution». L'explosion «a provoqué un cratère de 43 mètres de profondeur», d'après la source de sécurité.

L'institut américain de géophysique (USGS) basé en Virginie avait indiqué que ses capteurs avaient enregistré l'explosion comme un séisme de 3,3 sur l'échelle de Richter. A titre de comparaison, l'explosion en 1962 d'une bombe atomique de 104 kilotonnes sur le site d'essais nucléaires de «Sedan» au Nevada (ouest des Etats-Unis), avait creusé un cratère de près de 100 mètres de profondeur.

Le spectaculaire attentat qui a tué l'ancien Premier ministre Rafic Hariri en 2005, mené avec une camionnette bourrée d'explosifs, avait laissé un cratère d'au moins dix mètres de diamètre et de deux mètres de profondeur, selon le site Internet du Tribunal spécial international (TSL).

Le récit du drame

AFP

Samedi, des milliers de manifestants en colère contre la classe dirigeante accusée de corruption, d'incompétence et de négligence après l'explosion, ont pris d'assaut brièvement des ministères et défilé dans le centre-ville de Beyrouth pour crier vengeance. Ils ont brandi des potences de fortune symbolisant la rage à l'égard des dirigeants.

Le président Michel Aoun, de plus en plus décrié, a déclaré vendredi qu'il s'opposait à une enquête internationale, affirmant que l'explosion pourrait avoir été causée par la négligence ou par un missile. Une vingtaine de fonctionnaires du port et des douanes ont été interpellés, selon des sources judiciaire et sécuritaire. Cinq députés ont démissionné depuis le drame avec parmi eux, trois élus d'un parti chrétien d'opposition dont le secrétaire général est mort dans l'explosion.

Dans un discours télévisé, le Premier ministre contesté, Hassan Diab, a annoncé qu'il proposerait des législatives anticipées, estimant que seul un tel scrutin permettrait «de sortir de la crise structurelle». Il s'est dit prêt à rester au pouvoir «pendant deux mois», le temps que les forces politiques s'entendent.

(ATS/NXP)

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