Australie: L'extrême droite gagne du terrain
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AustralieL'extrême droite gagne du terrain

Comme dans de nombreux pays, l'Australie voit son parti d'extrême-droite prendre de l'ampleur.

Pauline Hanson est une ancienne propriétaire de fast-food.

Pauline Hanson est une ancienne propriétaire de fast-food.

Keystone

Le parti d'extrême-droite de la populiste Pauline Hanson a raflé quatre sièges au Sénat australien lors des élections du 2 juillet, ce qui pourrait lui permettre d'exercer une influence sur la politique du gouvernement, selon les résultats annoncés jeudi.

La coalition conservatrice du Premier ministre Malcolm Turnbull a remporté péniblement la majorité absolue à la chambre des représentants lors des législatives.

Mais elle n'a remporté que 30 des 76 sièges au Sénat, contre 26 pour les travaillistes et neuf pour les Verts, selon les résultats officiels.

Cela signifie que M. Turnbull devra composer avec les 11 «crossbenchers», ces élus indépendants ou issus de mouvements très minoritaires.

Quatre d'entre eux ont été élus sous la bannière du Pauline Hanson's One Nation, le mouvement de cette femme politique controversée de 62 ans, qui avait siégé comme membre de la chambre des représentants de 1996 à 1998.

Celle qui dénonçait notamment les allocations distribuées aux Aborigènes et «l'invasion» de l'Australie par les Asiatiques a fait campagne pour la création d'une commission royale sur l'islam et contre la propriété étrangère des terres agricoles australiennes.

Un de ses sénateurs, Malcolm Roberts, émettait jeudi encore des doutes sur la responsabilité humaine du réchauffement climatique.

L'immigration pour cheval de bataille

Ancienne propriétaire d'un fast-food, Pauline Hanson s'était bâtie une notoriété sur la scène politique en dénonçant l'immigration asiatique suite à son élection au Parlement en 1996.

Sa popularité avait atteint des sommets en 1998 où son parti remporta 11 sièges dans le Queensland, obtenant près d'un quart des votes.

Mais des conflits internes avaient ensuite divisé le parti et le net durcissement de la politique australienne en matière d'immigration ont réduit l'influence de l'extrême-droite, qui a cette année profité de la lassitude des Australiens vis-à-vis des conservateurs et des travaillistes.

Bien qu'il soit parvenu à se maintenir au pouvoir, les élections de juillet sont un revers pour M. Turnbull, qui avait justement appelé les Australiens aux urnes dans l'espoir de réduire l'influence au Parlement des indépendants et minoritaires, afin de faire passer plus aisément ses réformes.

Leur nombre, au Sénat, est cependant passé de huit à 11.

(AFP)

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