Sports de combat: L'extrême-droite se muscle à Zurich
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Sports de combatL'extrême-droite se muscle à Zurich

Une star de l'extrême-droite russe va venir entraîner des militants du parti nationaliste suisse.

par
Victor Fingal
Le Russe Denis Nikitin (à g.) va entraîner des militants nationalistes suisses.

Le Russe Denis Nikitin (à g.) va entraîner des militants nationalistes suisses.

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Une star de l’extrême droite russe débarque à Zurich en février prochain pour entraîner à différents sports de combat des militants suisses du parti nationaliste PNOS (Partei National Orientierter Schweizer). Son nom: Denis Nikitin, fondateur de White Rex, un groupuscule connu aussi pour sa ligne de vêtements, notamment le T-shirt pour femmes «Bombs 88», dont les deux 8 représentent les huitièmes lettres de l’alphabet, soit les deux H de «Heil Hitler».

Mais l’autre activité du défenseur slave de la race blanche consiste bien à entraîner des militants extrémistes à la vie de guerrier. Une activité, selon White Rex, qui serait en perdition. Denis Nikitin a déjà participé à des entraînements et à des combats avec des groupuscules britanniques, notamment au Pays de Galles. À Rome, en 2013, un tournoi d’arts martiaux mixtes (MMA) organisé par White Rex accueillait dans le public, peu avant sa mort, un hôte de marque: le Hauptsturmführer SS (équivalent de capitaine) Erich Priebke. L’ancien nazi est l’un des responsables du massacre des Fosses ardéatines, au cours duquel 335 civils italiens furent exécutés en 1944 en réponse à un attentat où 33 soldats allemands avaient trouvé la mort.

Sur le site du PNOS, le discours est plus feutré. Les 13 et 14 février prochain se tiendrait juste un cours de self-défense rendu nécessaire par des incidents survenus à l’étranger mais aussi en Suisse. «À Thoune, peut-on lire sur le site du parti d’extrême droite, des candidats à l’asile ont attaqué des policiers et à Uster (ZH), une femme a failli être violée.»

Sans armes et à mains nues

Pour le Parti nationaliste suisse (PNS), présent en Suisse romande et proche du PNOS, le séminaire de Denis Nikitin – qui avait déjà eu lieu l’année passée – n’a rien de répréhensible. «Des militants romands participent aussi à ses cours, précise Philippe Brennenstuhl, président du parti. Si des gauchistes organisent un camp de survie, personne n’en parlerait. Cet entraînement avec Denis Nikitin se fait sans armes et à mains nues. Il n’y aura ni nez ni bras cassés.»

De son côté, le psychologue bâlois Samuel Althof, du Service de prévention contre la violence et l’extrémisme, a confié à SonntagsBlick qu’il ne faut pas minimiser les activités du PNOS. Si le parti d’extrême droite n’a pas dépassé le stade de groupuscule depuis sa création, il cherche toutefois «par tous les moyens à attirer l’attention».

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