Publié

ETATS-UNISL'heure de vérité a sonné pour l'Obamacare

Ce lundi est la date limite pour souscrire une couverture maladie dans le cadre de la réforme de la santé de Barack Obama, surnommée Obamacare.

Lundi était la date limite pour souscrire une couverture maladie dans le cadre de la réforme de la santé de Barack Obama, une révolution qui n'a pas été la catastrophe redoutée mais n'en reste pas moins un boulet pour le président démocrate.

Il va toutefois falloir attendre plusieurs mois avant de tirer des enseignements clairs de cette réforme baptisée «Obamacare», qui doit permettre à des millions d'Américains privés d'assurance maladie jusque-là d'être enfin couverts.

Cette loi, qui instille un changement majeur dans le secteur de la santé aux Etats-Unis, sera vraisemblablement le principal héritage du président Obama au niveau politique intérieure.

Interminables batailles

Son adoption a fait l'objet d'interminables batailles entre les démocrates et les républicains, qui sont férocement opposés à cette réforme. Obamacare a également plombé la cote de popularité du président, tombée aux alentours des 40%, et ses alliés démocrates craignent que cette loi ne fasse le jeu des républicains aux prochaines élections de mi-mandat, en novembre.

Cela n'a pas empêché l'administration Obama de pousser les gens à s'inscrire jusqu'à la dernière minute lundi, alors que les retardataires ou récalcitrants qui n'achèteraient pas de couverture maladie s'exposent à une amende.

Après des débuts catastrophiques du site internet où les citoyens étaient invités à s'enregistrer, à l'automne dernier, le retard a presque été rattrapé et les adhésions se sont accélérées pour atteindre un total de plus de six millions de nouvelles inscriptions la semaine dernière, selon la Maison Blanche. Finalement pas si loin de l'objectif de sept millions d'inscrits au 31 mars fixé au départ. Ce résultat a cependant été largement raillé par les républicains, adversaires infatigables de la réforme, et les bons chiffres annoncés manquent de précisions.

Quelle proportion de jeunes ?

Ainsi, on ne sait pas quelle proportion de jeunes adultes se sont inscrits, une catégorie d'assurés cruciale pour la réussite de la réforme. En effet, il faut un maximum de jeunes inscrits pour compenser les coûts supérieurs des patients plus âgés ou atteints de maladies graves. Et si l'âge moyen des assurés est trop élevé, les cotisations augmenteront l'année prochaine.

On ne sait pas non plus si tous les nouveaux inscrits ont effectivement payé leurs cotisations, pas plus que les autorités n'ont précisé la proportion de personnes enrôlées qui étaient totalement privées de toute couverture maladie auparavant.

Comme le but premier de cette réforme est de pourvoir une assurance maladie à plus de 40 millions d'Américains qui en étaient dépourvus, ces données sont pourtant importantes.

Offensives médiatiques

Pour pallier ce manque de chiffres précis, plusieurs membres de l'administration ont donné de leur personne jusqu'à la dernière minute. Le vice-président Joe Biden a ainsi participé à une émission de télévision avec la célèbre chef Rachael Ray, où il a vanté une nouvelle fois les mérites d'Obamacare.

Kathleen Sebelius, la ministre de la Santé, multipliait quant à elle les interviews pour les chaînes de télévision locales, et d'autres membres de l'administration vantaient la réforme à la radio. Un responsable de la Maison Blanche a aussi précisé que 27'000 «assistants »étaient à pied d'oeuvre dans 8600 centres de santé communautaires pour aider les gens dans leurs démarches d'inscription.

Nouvelles difficultés sur le site

L'administration a apparemment été entendue mais de nouveaux problèmes techniques pourraient venir ruiner les efforts: le site d'inscription était une nouvelle fois surchargé et indisponible lundi à la mi-journée. «Des techniciens travaillent pour résoudre rapidement les problèmes dus à cet engorgement», a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney.

D'une manière générale, Obamacare reste impopulaire: un récent sondage a montré que seulement 41% des personnes interrogées approuvaient cette réforme, contre 53% qui y sont opposés. Illustration de la division politique à ce sujet, 72% des démocrates appuient cette réforme, mais les républicains ne sont que 8% à la soutenir.

Les adversaires politiques de Barack Obama y voient une intrusion intolérable du gouvernement dans le marché de la santé privée. Un argument qui pourrait bien séduire les électeurs aux prochaines élections du mois de novembre. Les républicains possèdent déjà la majorité à la Chambre des représentants et les démocrates craignent par dessus tout de perdre l'avantage dont ils disposent au Sénat lors de cette échéance.

(AFP)

Votre opinion