Conseil fédéral: L'heure des femmes de droite va-t-elle sonner?
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Conseil fédéralL'heure des femmes de droite va-t-elle sonner?

Après l'élection attendue d'Ignazio Cassis, les femmes pourraient réclamer aux partis bourgeois un siège pour le Conseil fédéral.

par
Pascal Schmuck
Zurich
Avec le départ annoncé de Doris Leuthard (à gauche), Simonetta Sommaruga (au centre) reste l'unique femme assurée de figurer au gouvernement.

Avec le départ annoncé de Doris Leuthard (à gauche), Simonetta Sommaruga (au centre) reste l'unique femme assurée de figurer au gouvernement.

Keystone

Maintenant que la succession de Didier Burkhalter a trouvé son épilogue avec l'élection d'Ignazio Cassis, les regards se tournent vers Doris Leuthard. La patronne du DETEC a déjà dit qu'elle ne se représenterait pas pour un nouveau mandat à l'automne 2019 et qu'elle pourrait partir en 2018.

Quant aux membres les plus âgés du Conseil fédéral, le PLR Johann Schneider-Ammann (65 ans) et l'UDC Ueli Maurer (66 ans), rien ne dit non plus qu'ils chercheront à obtenir une nouvelle législature en 2019, rappelle le Blickdans son édition du 21 septembre.

Rude concurrence au PDC

La situation semble donc mure pour voire une nouvelle femme de droite accéder au gouvernement. Le président du PDC, Gerhard Pfister, l'a déjà dit: le ticket du parti comprendra au moins une femme. Les conseillères nationales Viola Amherd (VS), Ruth Humbel (AG) ou encore Elisabeth Schneider-Schneiter (BL) sont les plus souvent citées. Mais aux yeux du Parlement, elles n'ont pas l'envergure de Doris Leuthard.

Elles devront surtout affronter une rude concurrence masculine avec les conseillers aux Etats Konrad Graber (LU) et Stefan Engler (GR). Sans oublier le président du parti, qui, au nom de son canton de Zoug, pourrait revendiquer le siège en se réclamant d'une Suisse centrale trop souvent oubliée à Berne.

Le dilemme du PLR

Si Johann Schneider-Ammann devait cependant partir en premier, le PLR se retrouverait alors sous pression pour afficher au moins une femme sur son ticket. Il pourrait présenter de sérieuses candidates comme Karin Keller-Sutter (SG), explique le Tages-Anzeiger. Mais celle qui fut la rivale malheureuse du Bernois en 2010 ne veut se lancer que si elle est sure de gagner. Comme Ignazio Cassis. De quoi nourrir les ambitions de la présidente du parti Petra Gössi (SZ) ou encore de la conseillère d'Etat Carmen Walker Späh (ZH)

La qualité des profils féminins pourrait faire hésiter des ténors présentés comme des candidats potentiels à la fonction suprême, tels les conseillers aux Etats Martin Schmid (GR) ou Ruedi Noser (ZH).

L'UDC pas en reste mais...

L'UDC ne manque pas non plus de candidates pour succéder à Ueli Maurer, comme les conseillères nationales Magdalena Martullo-Blocher (GR) et Natalie Rickli (ZH). Mais de tous les partis de droite, c'est sûrement celui-ci qui accorde le moins d'importance à la question féminine.

Rien ne dit toutefois que Simonetta Sommaruga (PS) ne reste pas la seule femme au gouvernement. Le politologue Michael Hermann ne croit pas que l'Assemblée estimera forcément indispensable la présence d'une femme, comme il a estimé indispensable un représentant tessinois. «Il faudra plusieurs élections avant que cette pression devienne prépondérante», estime-t-il.

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