13.09.2016 à 06:44

BrésilL'homme qui a eu la tête de Rousseff a été destitué

Le député évangélique Eduardo Cunha, responsable de la procédure de destitution de l'ancienne présidente, a lui-même perdu son poste, lundi.

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La Cour suprême du Brésil s'est prononcée en faveur de la libération de José Dirceu, ex-chef de cabinet de Lula, condamné pour corruption dans le méga-scandale Petrobras. (Mardi 2 mai 2017)

La Cour suprême du Brésil s'est prononcée en faveur de la libération de José Dirceu, ex-chef de cabinet de Lula, condamné pour corruption dans le méga-scandale Petrobras. (Mardi 2 mai 2017)

Keystone
Réforme des retraites, crise économique, éducation, scandale de la viande avariée: les raisons de protester ne manquent pas au Brésil. Le mouvement Vem Pra Rua a appeler dimanche à manifester contre la corruption, à travers tout le pays. (Image d'illustration - 15 mars 2017)

Réforme des retraites, crise économique, éducation, scandale de la viande avariée: les raisons de protester ne manquent pas au Brésil. Le mouvement Vem Pra Rua a appeler dimanche à manifester contre la corruption, à travers tout le pays. (Image d'illustration - 15 mars 2017)

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A la mi-mars, une enquête policière de deux ans a révélé que des douzaines de collaborateurs des autorités sanitaires ont été corrompus pour certifier que la viande avariée était propre à la consommation. Malgré 30 arrestations et la fermetures de plusieurs usines, le scandale ne fait que s'empiler aux récentes révélation de corruption dans l'affaire Petrobras. (Image - 21 mars 2017)

A la mi-mars, une enquête policière de deux ans a révélé que des douzaines de collaborateurs des autorités sanitaires ont été corrompus pour certifier que la viande avariée était propre à la consommation. Malgré 30 arrestations et la fermetures de plusieurs usines, le scandale ne fait que s'empiler aux récentes révélation de corruption dans l'affaire Petrobras. (Image - 21 mars 2017)

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L'ex-président du Congrès des députés brésiliens Eduardo Cunha, à l'origine de la procédure de destitution controversée de l'ex- présidente Dilma Rousseff, a été destitué par ses collègues parlementaires lundi pour avoir nié l'existence de comptes bancaires lui appartenant à l'étranger.

«Je déclare la perte du mandat du député Eduardo Cunha pour conduite incompatible avec le mandat parlementaire», a annoncé l'assemblée dans un jugement rendu dans l'enceinte après le vote. Celui-ci est sans appel: 450 votes en faveur de la destitution, 10 contre et 9 absentions.

Un compte en Suisse

Ce député évangélique ultra-conservateur de 58 ans est accusé d'avoir «menti» à ses pairs en niant avoir été titulaire de comptes bancaires secrets à l'étranger, devant une commission d'enquête parlementaire sur le scandale de corruption autour de la compagnie pétrolière publique Petrobras.

L'enquête judiciaire a par la suite permis de découvrir qu'il était titulaire d'au moins un compte bancaire secret en Suisse sur lequel avaient transité environ cinq millions de dollars d'origine suspecte.

Personnage central

Ce Machiavel brésilien aux cheveux poivre et sel et aux costumes italiens impeccables avait déclenché en décembre 2015 la procédure de destitution contre Dilma Rousseff, en représailles au vote des députés de son Parti des travailleurs (PT, gauche) pour son propre renvoi devant la Commission d'éthique du parlement.

Ce personnage central de la crise politique brésilienne, ennemi juré de l'ex-dirigeante de gauche, avait été suspendu le 5 mai de ses fonctions de président de l'Assemblée par le Tribunal suprême fédéral (STF).

Personnage extrêmement influent ayant fédéré autour de lui les secteurs les plus conservateurs du Parlement, Eduardo Cunha a incarné l'aile dure du Parti du Mouvement démocratique brésilien (PMDB, centre-droit) de l'actuel président Michel Temer, qui a succédé le 31 août à Dilma Rousseff, destituée de ses fonctions pour maquillage des comptes publics. Eduardo Cunha a usé pendant 11 mois d'incessants subterfuges pour freiner la procédure qui pourrait lui faire perdre son mandat.

Abandonné par ses soutiens

Dimanche, 300 députés (sur un total de 513) avaient indiqué au quotidien O Globo qu'ils voteraient pour la révocation du mandat de Eduardo Cunha. Le minimum requis était de 257. Eduardo Cunha a été abandonné par un grand nombre de ses anciens soutiens.

Dilma Rousseff accuse Eduardo Cunha et son ancien vice-président Michel Temer d'avoir orchestré un «coup d'Etat» parlementaire à son encontre et continue de clamer son innocence.

(AFP)

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