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CCT dénoncéeL'hôpital de la Providence licencie 22 grévistes

La direction de l'hôpital neuchâtelois a procédé lundi au licenciement avec effet immédiat de 22 grévistes. Le syndicat Syna est outré et entend déposer un recours contre cette décision.

La grève devant l'hôpital de la Providence en septembre dernier.

La grève devant l'hôpital de la Providence en septembre dernier.

Archives, Keystone

Le conflit à l'hôpital de la Providence à Neuchâtel se durcit. La direction a licencié avec effet immédiat 22 grévistes qui avaient refusé de reprendre le travail. Elle explique qu'elle ne peut pas «indéfiniment» tolérer une grève qu'elle estime illégale.

Le président de la fondation de la Providence Antoine Wildhaber a lu lundi devant les médias un communiqué annonçant le licenciement des 22 collaborateurs. Il a refusé de répondre aux questions de la presse. Le porte-parole de la Providence Benoit Couchepin a juste relevé que la situation était extrêmement tendue.

Des sanctions

La Providence avait exclu toute sanction contre les grévistes pour autant que ceux-ci aient repris le travail d'ici au 31 janvier. La direction de l'hôpital a entendu chaque personne individuellement. «Il est apparu que 22 grévistes refusaient la proposition de reprise du travail sans sanction», a déclaré M. Wildhaber.

Le communiqué lu par Antoine Wildhaber souligne que la Providence a décidé de ne plus «tolérer d'être instrumentalisée dans la lutte politique que mènent les syndicats». L'hôpital est amené «à se séparer de ces collaborateurs insoucieux du sort et de la volonté de leurs collègues».

Colère des syndicats

Le syndicat Syna a dénoncé ces licenciements qu'il juge abusifs et a annoncé son intention de déposer un recours. Il a pour objectif d'obtenir au moins un an de salaire de dédommagement pour chacune des 22 personnes licenciées lundi.

Selon Syna, la direction de l'hôpital n'a pas envoyé de lettre de licenciement mais «s'est contentée d'informer par voie de presse les employés de la perte de leurs emplois avec effet immédiat». La journée de lundi marquait le 71e jour de grève des protestataires qui luttent pour obtenir le maintien de la CCT Santé 21.

Le Parti socialiste, les Verts, le POP et Solidarités ont eux aussi dénoncé en des termes très vifs l'annonce de ces licenciements dans un communiqué intitulé «Pas de subsides pour un employeur voyou». Ces partis estiment que le caractère licite de la grève dans cet établissement n'a juridiquement jamais été remis en cause. Reprise

La Providence a aussi mis en garde contre un échec de la reprise de l'établissement hospitalier neuchâtelois par le groupe de cliniques privées Genolier. Elle «affirme sans ambages que si GSMN devait abandonner son projet de reprise d'activité de l'hôpital, elle serait contrainte de réduire à très court terme les déficits de tous les services qui ne couvrent pas leurs frais».

Pour la direction de l'hôpital, ce projet de reprise est le seul qui permette de garantir les emplois et l'activité médicale sur le site. «Toutes les autres solutions envisagées aboutissent à des suppressions massives d'emploi et menacent l'activité hospitalière de la Providence».

Dans un entretien lundi au quotidien Le Temps, l'administrateur de Genolier Swiss Medical Network (GSMN) Antoine Hubert n'écarte pas un échec de la reprise. A la question de savoir si la reprise de l'hôpital et de ses 340 employés est menacée, l'administrateur répond sans détours: «En l'état des choses, rien n'est certain».

«Notre motivation de venir à Neuchâtel est forte, mais on ne veut pas mettre les pieds dans un guêpier», a expliqué M. Hubert. GSMN et la fondation de La Providence ont signé fin décembre un accord sur la reprise de l'hôpital. Mais cette reprise n'a toujours pas été finalisée.

(ats)

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