23.07.2017 à 09:00

Mobilité du futurL'hydrogène promet un avenir séduisant à la voiture

Rouler «zéro émission», avec des performances et une autonomie comparables à celles des voitures thermiques? C’est presque possible.

von
Philippe Clément
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Cette Honda Clarity Fuel Cell roule déjà au Japon, aux États-Unis et au Danemark. Avec une volonté politique, elle pourrait le faire chez nous.

Cette Honda Clarity Fuel Cell roule déjà au Japon, aux États-Unis et au Danemark. Avec une volonté politique, elle pourrait le faire chez nous.

Philippe Clément/LMD
Pour faire rouler des véhicules à l'hydrogène, il faut… de l'hydrogène! C'est grâce à une collaboration avec Coop qu'une première station de distribution publique a vu le jour à Hunzenschwil (AG). Coop a également acheté 12 Hyundai ix35 Fuel Cell, premier modèle à hydrogène à être commercialisé en Suisse (66'990 fr.). Cinq autres stations sont en projet. Le début d'une révolution en termes de mobilité?

Pour faire rouler des véhicules à l'hydrogène, il faut… de l'hydrogène! C'est grâce à une collaboration avec Coop qu'une première station de distribution publique a vu le jour à Hunzenschwil (AG). Coop a également acheté 12 Hyundai ix35 Fuel Cell, premier modèle à hydrogène à être commercialisé en Suisse (66'990 fr.). Cinq autres stations sont en projet. Le début d'une révolution en termes de mobilité?

Philippe Clément/LMD
Rouler en voiture à hydrogène suppose un léger souci en matière d'approvisionnement. Mais pas que. Pour l'instant, les contraintes naissent du fait de véhicules encore très «conventionnels». Pour préserver la forme globale de sa Clarity, Honda a dû mettre le réservoir en position «classique» arrière. D'où un renflement qui mange… la moitié du coffre!

Rouler en voiture à hydrogène suppose un léger souci en matière d'approvisionnement. Mais pas que. Pour l'instant, les contraintes naissent du fait de véhicules encore très «conventionnels». Pour préserver la forme globale de sa Clarity, Honda a dû mettre le réservoir en position «classique» arrière. D'où un renflement qui mange… la moitié du coffre!

Philippe Clément/LMD

Le test que l’on vient d’effectuer à Lucerne, au volant d’une Honda Clarity Fuel Cell venue tout exprès du Danemark pour l’occasion, ne fait que confirmer ce dont on était déjà intimement convaincu: le futur de la voiture est électrique. Mais pas forcément avec la technologie chère aux Tesla S100, Renault Zoé ou Nissan Leaf. Non, la technologie qui permettra aux voitures d’offrir tout ce que l’on attend d’elles en supprimant la pollution se trouve sous forme gazeuse: l’hydrogène!

Pour tout vous dire, voilà plus de quinze ans qu’on roule, de-ci de-là, en voiture à hydrogène. Notre première expérience? C’était en 1999, au Japon, à bord de l’un des tout premiers prototypes développés par Honda. Puis il y a eu cette démonstration, sur l’île de Gotland, au milieu de la Baltique, lors de laquelle on avait pu prendre le volant de la FCX Clarity, précurseur de cette Clarity que vous avez sous les yeux.

Mais on a aussi pris le volant d’une Chevrolet Equinox Fuel Cell à Detroit, de prototypes de chez Renault, BMW ou Mercedes en Europe, de Hyundai en Corée du Sud et même celui d’une Mazda RX-8 modifiée pour brûler de l’hydrogène à la place d’essence dans son moteur rotatif! C’était en Scandinavie.

Scandinavie en avance

C’est de Scandinavie aussi, du Danemark plus précisément, qu’est arrivée la Honda Clarity qu’on a pu essayer dans les environs de Lucerne il y a quelques jours. Cette fois, plus question de prototype: cet engin au look de vaisseau intersidéral est une «vraie» voiture, commercialisée au prix de 7,6 millions de yens (environ 64 300 francs) au Japon, louée 600 dollars (578 fr.) par mois aux États-Unis, et environ un demi-million de couronnes (73 800 fr.) au Danemark. Pourquoi ces pays? Parce qu’ils disposent, du moins dans certaines régions, d’un réseau de distribution d’hydrogène, rendu liquide sous haute pression (environ 700 bars).

De quoi faire un plein de 5 kg pour un prix de 109 centimes les 100 grammes. Vous avez fait le calcul? 1 fr. 09 les 100 grammes, ça fait 10 fr. 90 le kilo, donc environ 55 francs le plein de 5 kg qui vous donne une autonomie de 550 à 650 km. On est donc sur des bases très comparables à celles des carburants essence et diesel actuels. Or cet hydrogène produit «sur place» a nécessité la création d’une centrale ad hoc à Hunzenschwil (AG) (voir ci-contre en haut à droite). Soutenu par Coop, ce projet utilise une technologie développée par l’Allemand Linde et représente la première pierre d’un réseau qu’on espère vivement voir se développer en Suisse.

Des rejets de vapeur d’eau

Pourquoi? Parce que l’intérêt de rouler à l’hydrogène n’est pas financier (les premières voitures seront très chères, et même si elle se développe largement, rien ne garantit que la fabrication massive d’hydrogène permettra d’en baisser le prix…) mais bien écologique. La voiture à pile à combustible ne rejette aucun polluant nocif, juste… de la vapeur d’eau.

Pour produire de l’hydrogène, on procède à une «fracturation hydraulique» qui consiste à «casser» les molécules d’eau contenue dans de la vapeur chauffée à très haute température. Ce qui produit de l’hydrogène, du monoxyde de carbone (CO) et du CO2. Ensuite, on utilise une réaction de conversion eau-gaz pour obtenir du dioxyde de carbone à partir du CO et de la vapeur. Enfin, on purifie le tout pour ne garder que l’hydrogène pur.

À bord de la voiture, l’hydrogène (H2) du réservoir est poussé à forte pression au travers d’un catalyseur en platine qui le transforme en deux ions (H1) et deux électrons. Les électrons sont captés pour alimenter la batterie du moteur électrique, tandis que les deux ions se combinent avec l’oxygène de l’air pour former des molécules d’eau (H2O), rejetée sous forme de vapeur par les pots d’échappement. De quoi rouler le plus proprement possible à condition que l’énergie utilisée pour produire l’hydrogène… soit propre.

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