Justice: L'incendiaire de Soleure plus interné

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JusticeL'incendiaire de Soleure plus interné

L'accusé avait fait recours contre la mesure d'internement. Il avait mis le feu à la cathédrale en 2011, sans faire de blessés.

Le TF peut encore faire recours. Selon l'expertise de l'époque, l'incendiaire présentait «des graves troubles mentaux» et le risque de récidive était très élevé.

Le TF peut encore faire recours. Selon l'expertise de l'époque, l'incendiaire présentait «des graves troubles mentaux» et le risque de récidive était très élevé.

Archives, Keystone

Les juges de deuxième instance ont tranché vendredi: la mesure d'internement de l'incendiaire de la cathédrale de Soleure est levée. L'homme, qui avait mis le feu à l'édifice en 2011, causant 3,5 millions de francs de dégâts, avait fait recours contre son internement.

La cour a jugé que les conditions pour lui imposer une mesure d'internement n'étaient pas remplies. Par son incendie criminel, le Suisse n'a pas fait de victimes, ni mis en danger d'autres personnes, ont indiqué les juges.

En outre, la deuxième instance voit une contradiction entre le premier jugement, qui avait condamné l'homme à 14 mois de prison en 2011, sans assortir cette peine d'une mesure d'internement et la décision de décembre 2015, où l'internement avait été prononcé.

Recours du TF

Dans son verdict, le tribunal de deuxième instance a également souligné qu'on ne pouvait pas interner quelqu'un pour une simple tentative de lésions corporelles simples.

L'incendiaire, âgé de 66 ans, n'a pour autant pas été libéré vendredi. Il devrait au plus tôt sortir de prison mercredi. Cela donne ainsi du temps au procureur pour demander une mise en détention au Tribunal fédéral ou de déposer un recours.

Le tribunal de deuxième instance veut que le rentier soit mis sous curatelle, ce qui relève des autorités de protection des adultes. Le procureur, qui avait plaidé pour le maintien de l'internement, n'était pas joignable.

Internement car risque de récidive

La deuxième instance se déclare ainsi d'un tout autre avis que le tribunal d'arrondissement de Soleure. En décembre 2015, ce dernier avait prononcé l'internement, car l'homme refusait toute thérapie. La cour avait estimé que le laisser en liberté était une négligence grave.

Selon l'expertise de l'époque, l'incendiaire présentait «des graves troubles mentaux». En outre, le risque de récidive était très élevé.

C'est ce même tribunal qui l'avait condamné en septembre 2011 à 14 mois de prison sans sursis et l'avait soumis à un traitement psychiatrique en milieu fermé jusqu'à ce que la thérapie soit un succès.

«Activité artistique»

Les faits remontent au 4 janvier 2011. Le prévenu avait versé 20 litres d'essence sur l'autel de la cathédrale baroque St-Ours de Soleure, puis avait mis le feu avec une bougie. Les dégâts se sont montés à 3,5 millions de francs. L'incendiaire avait été arrêté sur les lieux et avait immédiatement avoué.

Lors de son premier procès, il avait indiqué vouloir, en brûlant l'autel, mener «une activité artistique visant à rendre le peuple attentif aux injustices». Il avait d'ailleurs agi juste avant l'ordination du nouvel évêque de Bâle. La cérémonie a dû se tenir à Olten, car la cathédrale de Soleure était devenue inutilisable.

Ce n'est pas la première fois qu'il commettait des actes de vandalisme. En mars 2009, il avait tenté de faire dérailler un train en installant une construction en acier sur les voies à Olten (SO). Le premier train passant avait projeté au loin la structure, sans provoquer de dégâts.

Fausse ceinture d'explosifs

En juillet 2010, le sexagénaire avait visé une nouvelle fois un train. Il était monté à bord d'un convoi. Une fois dans le tunnel du Gothard, il avait revêtu une veste et un gilet de sauvetage, faisant croire aux autres voyageurs qu'il était muni d'une ceinture d'explosifs. Il s'agissait en fait de bouteilles en PET, de ficelles et d'une lampe de poche.

L'homme a également défrayé la chronique en raison de ses sympathisants. L'un d'entre eux a agressé le juge et le greffier, avant la tenue du procès de deuxième instance sur l'internement, qui a dû être reporté pour se tenir finalement vendredi.

(ats)

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