Actualisé 24.07.2012 à 18:46

EspagneL'incendie en Catalogne va se calmer grâce à la météo

L'incendie qui embrase la Catalogne fait toujours rage, mais une accalmie est prévue. Quatre personnes ont trouvé la mort, trois Français et un Espagnol.

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Début août 2012, le feu a fait des ravages dans le parc de Garajonay aux Iles Canaries.

Début août 2012, le feu a fait des ravages dans le parc de Garajonay aux Iles Canaries.

AFP
LA ville d'Igualero, située à l'intérieur du parc Garajonay.

LA ville d'Igualero, située à l'intérieur du parc Garajonay.

AFP
Le gigantesque feu a fait quatre morts et ravagé 14'000 hectares de végétation, laissant derrière lui des paysages de désolation.

Le gigantesque feu a fait quatre morts et ravagé 14'000 hectares de végétation, laissant derrière lui des paysages de désolation.

Keystone

Après deux jours de lutte acharnée contre les flammes, les pompiers avaient espoir mardi d’être bientôt en mesure de contrôler le gigantesque incendie qui fait rage dans le nord-est de l’Espagne. Le feu a fait quatre morts et ravagé 14’000 hectares, laissant derrière lui des paysages de désolation.

Vive émotion

Entre les arbres et les champs calcinés, dans une forte odeur de brûlé, les petites routes sinueuses qui parcourent la région de l’Alt Empordà, au sud de la frontière française, sont toujours coupées çà et là par des barrages de police, et sillonnées par les camions de pompiers.

Les villageois peinent à se remettre du drame qu’ils viennent de vivre et l’émotion est vive lorsqu’ils contemplent ce qui reste de leurs vallées. «Tout ça est vraiment déprimant», s’étrangle Nuria Juan, 33 ans.

«Regardez tout est noir, alors que le paysage était si vert avant», déplore-t-elle, en désignant le paysage face au village de Biure, au coeur de la zone dévastée, dans le secteur de Boadella. A quelques kilomètres au nord de Figueres, les avions continuaient toujours de tourner au-dessus d’une montagne fumante.

«Je ne me souviens pas avoir déjà vu un tel nuage de fumée sur Figueres, c’est la première fois», se désole Maria Angels Rodriguez, agent immobilier de 50 ans.

Acalmie

Les flammes cependant sont moins visibles et pour la première fois depuis dimanche, les autorités catalanes laissent entrevoir une accalmie. «L’impression est qu’il sera possible d’entrer dans une phase de contrôle dans la journée», a déclaré mardi matin le ministre régional de l’Intérieur, Felip Puig.

«Nous sommes raisonnablement optimistes», a-t-il ajouté. Avec une baisse des températures, l’augmentation de l’humidité dans l’air et l’absence de vent, les conditions climatiques sont favorables, estime-t-il.

Environ 1500 personnes, pompiers, policiers et militaires, gardes forestiers et volontaires, luttaient encore mardi contre le feu, appuyés par 25 avions et hélicoptères espagnols et français. Environ 450 pompiers français, soutenus par sept avions bombardiers d’eau, sont également mobilisés le long de la frontière hexagonale.

Le plus grave incendie depuis 1986

Il s’agit des incendies les plus graves depuis 1986 en Catalogne espagnole, selon Felip Puig. Penchés sur des journaux ouverts aux pages consacrées aux incendies, Cebria Barris, 79 ans, et Isidre Asparo, 55 ans, se souviennent du sinistre de 1986, qui avait aussi frappé Figueres.

«J’étais trop jeune en 1986 pour m’en souvenir, donc pour moi c’est la première fois que je vois un tel nuage de fumée, mais ça dure depuis dimanche», glisse Isaac Hernandez, en nettoyant le comptoir du café dans lequel ils sont installés.

L’incendie a démarré dimanche près de la frontière franco- espagnole avant de se propager, vers le sud, touchant la ville espagnole de La Junquera et 17 villages de la région catalane de l’Alt Emporda, transformée en un brasier géant. Attisé par une très forte tramontane, le feu a progressé très vite, jusqu’à une accalmie lundi.

Trois personnes sont mortes dimanche: un Espagnol de 75 ans, qui a succombé à une crise cardiaque, ainsi que deux Français, un homme et sa fille de 15 ans, qui se sont jetés à la mer en voulant échapper aux flammes, à Port-Bou, sur la Méditerranée. Mardi, un Français de 64 ans a succombé à de graves brûlures. Six blessés étaient toujours hospitalisés mardi.

Des centaines de personnes ont également été hébergées dans des centres d’urgence, dormant dans des salles sportives comme à Figueres, où des touristes évacués d’un camping se remettaient mardi de leurs émotions, racontant que les pompiers leur avaient laissé dix minutes pour prendre quelques affaires et partir.

Incendie maîtrisé en secteur français

L'autoroute qui relie la France à l'Espagne, entre Perpignan et Figueres, avait pu rouvrir dans les deux sens, après avoir été fermée à deux reprises depuis dimanche. La ligne de TGV entre Perpignan et Barcelone a également été rétablie.

Des milliers d'habitants ont reçu la consigne de rester confinés chez eux, côté espagnol, dans 17 villages, tandis que ceux qui ont fui étaient hébergés dans des centres d'urgence, notamment à Figueres, à une vingtaine de kilomètres au sud de La Junquera.

En revanche, l'incendie a été maîtrisé dans le secteur de Port-Bou, une localité du côté espagnol, sur la côte méditerranéenne.C'est là que deux Français, un père et sa fille de 15 ans, ont été tués en sautant dans la mer pour échapper aux flammes.

Un autre Français, âgé de 64 ans, a succombé lundi à de très graves brûlures et un Espagnol de 75 ans est mort dimanche dans le village de Llers, près de La Junquera, d'une crise cardiaque après avoir vu sa maison entourée par les flammes.

(ats/afp)

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